Extraits du TOME 10 de la saga Outlander

Dès la fin de l’écriture et après publication du tome 9, Diana Gabaldon s’est mise à l’écriture du tome 10. Son tout premier extrait du tome 10 de la saga Outlander a été publié début 2022.

Voici ce que Diana Gabaldon a écrit sur son site internet (mis à jour le 24.10.2020, soit avant la sortie du tome 9 qui date du 23.11.2021)

Pour l’instant, le tome dix n’a pas encore de titre définitif.

Il suivra le livre ” Va dire aux abeilles que je suis parti “, que je suis en train d’écrire.

Et désolée, mais non, je ne sais pas quand je terminerai le tome dix ! Peut-être trois à cinq ans après la publication de BEES, c’est une estimation très approximative.

Dès que je commencerai à publier des extraits (alias “Daily Lines”) de ce nouveau roman, vous pourrez y accéder ici (NdlT : http://www.dianagabaldon.com/books/outlander-series/book-ten-no-title-yet/). Veuillez donc marquer cette page d’un signet pour toute information future.

Le tome dix sera probablement le dernier de mes romans Outlander qui mettent en scène Jamie Fraser et Claire Beauchamp Randall Fraser.

Merci !

-Diana

 

RISQUE DE SPOILS !

Si vous n’avez pas lu les tomes précédents, jusqu’au tome 9, vous vous exposez évidemment à des spoilers. A vos risques et périls !

 

Liens rapides | Raccourcis

Extrait n°1 du tome 10 : Un camouflet (A Lead Balloon)

Compte tenu de la façon dont se termine le tome 9, cet extrait se situe probablement tout à fait au début du tome 10. 
Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé le 10 février 2022

 

William venait de poser le pied sur le seuil lorsque Fanny parla derrière lui.

Will-yum ?” dit-elle, la voix forte mais hésitante.

Il se retourna, surpris, puis il sourit et fit un pas en arrière sur le porche, tendant sa main pour prendre celles de Fanny.

Frances“, dit-il doucement, en baissant les yeux vers elle.  “Vous êtes là.”

Me voilà“, dit-elle en souriant. Elle avait rougi quand il s’était tourné vers elle, mais ses yeux brillaient.  “Puis-je m’occuper de votre cheval ?

Oh.”  Il jeta un coup d’œil en bas des marches ; le cheval, un grand bai brun tout en muscles, mâchait de l’herbe le long du chemin, ses rênes négligemment enroulées autour de la barre d’attelage.  William me jeta un coup d’œil, et je fis un petit signe de tête en direction de Fanny.

C’est très gentil de votre part, Frances“, dit-il, et il pressa brièvement ses mains avant de les relâcher.  “Il s’appelle Trajan et je suis sûr qu’il sera tout aussi reconnaissant de votre accueil que je le suis.

Elle se retourna aussitôt et descendit les marches en sautillant, rayonnante.  William la suivit du regard, le sourire toujours accroché à son visage.

J’ai failli dire : “Comme vous avez grandi, Frances !”“, me fit-il remarquer, à voix basse.  “Mais ça n’aurait pas été adapté, n’est-ce pas ?  J’ai toujours détesté quand les amis de papa me disaient ça.

Elle aurait subi un véritable camouflet“, lui assurai-je.  “Et pourtant, c’est la vérité.  De même que sa parole est désormais presque parfaite.” Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule ; Jamie avait disparu dans son bureau.  “Et… comment va Lord John ces jours-ci ?

J’aimerais bien le savoir“, dit-il, le visage et la voix soudainement sombres.

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Extrait n°2 : Une bombe entre les mains (A Bomb In The Hand)

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé le 1er avril 2022

A quoi tu penses ?”  Je demandai.  “Je sais que c’est à propos de William.

Oh, aye ?”  Il me regarda, la bouche retroussés d’un côté.  “Et je ressemble à quoi quand je pense à William ?

A quelqu’un qui a reçu un paquet fermé et qui ne sait pas s’il contient quelque chose de merveilleux ou une bombe.

Cela le fit rire, et il mit un bras autour de moi et m’attira contre lui, m’embrassant sur la tempe.  Il sentait le lin usagé, l’encre et le foin, et le miel qui avait séché sur le devant de sa chemise, comme de petites perles d’ambre.

Oui, eh bien, il suffit de regarder ce garçon pour savoir qu’il va exploser dans peu de temps“, dit-il.  “J’espère seulement qu’il ne se blessera pas en le faisant.

Ou toi.

Il haussa doucement les épaules.

On ne peut pas dire que je sois fragile, Sassenach.

…Dit l’homme qui a quatre, non, cinq trous de balles dans sa peau, sans parler du nombre de points de suture qui suffiraient à faire un édredon entier.  Et si on se met à compter les os que tu t’es fêlé ou cassé…

Ach, pas du tout, je n’ai jamais rien cassé de significatif, juste un doigt de temps en temps.  Peut-être une côte, ici ou là.

Et aussi ton sternum et ta rotule gauche.

Il fit un bruit écossais désapprobateur, mais ne discuta pas.

Nous restâmes un moment, dans les bras l’un de l’autre, à écouter les bruits de l’extérieur.  Les plus jeunes enfants s’étaient endormis sous les buissons ou dans les chariots de leurs parents, leurs cris joyeux remplacés par la musique et les rires des danseurs, les applaudissements et les cris de ceux qui regardaient.

Il est venu à moi“, dit Jamie tranquillement.  Il essayait d’être pragmatique, mais il avait cessé d’essayer de cacher ce qu’il ressentait.

Il est venu“, dis-je doucement, et je lui pressai le bras.

Je suppose qu’il n’avait personne d’autre vers qui se tourner“, dit-il, d’un air détaché.  “S’il n’est pas parvenu à trouver sa Grâce*, je veux dire, … il ne pouvait pas vraiment parler à quelqu’un dans l’armée, n’est-ce pas ?  Etant donné que …”  Il s’arrêta, une pensée l’ayant frappé, et se tourna vers moi.

Tu crois qu’il sait, Sassenach ?

Qu’il sait quoi ?

A propos de ce qu’il a dit.  La… menace envers Lord John.  Je veux dire…” il poursuivit, voyant mon regard sans expression, “est-ce qu’il sait que ce n’est pas juste du bluff.

A-oh.”  Je réfléchis un instant, puis je remuai la tête avec conviction.  “Non. Pratiquement sûre que non.  Tu as vu son visage quand il nous a parlé de la menace de Richardson.   Il aurait quand même eu peur – peut-être même plus – s’il avait su que ce n’était pas une menace en l’air, mais il n’aurait pas eu cet air.”

Anxieux ?  En colère ?

Les deux.  Mais n’importe qui le serait, n’est-ce pas ?  Vu les circonstances.

Tu as raison.  Et… déterminé, dirais-tu ?

Têtu“, répondis-je sans hésiter, et il se mit à rire.

Une bombe pour sûr, dans ce cas.

*NdlT : sa Grâce, c’est ainsi qu’est parfois nommé le Duc de Pardloe, Hal, le frère de Lord John.

Les hashtags accompagnant la publication de Diana Gabaldon sur les réseaux sociaux : #DailyLines, #BookTen, #dontbotheraskingwhenitwillbedone #really #dont, #youllfindoutwhenIdo 

#extraits #tome10 #inutilededemanderquandilseraterminé #vraiment #inutile #vouslesaurezquandçalesera

 

Extrait n°3 du tome 10 : Brianna retrouve William

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur la page Facebook de DG le 17 avril 2022

 

La pièce était grande et sombre ; quelqu’un avait fixé un morceau de toile de jute sur la grande fenêtre, mais la lumière filtrait à travers.  Une brise transportait l’odeur terreuse des pommes de terre fraîches à travers la toile de jute.  Il détacha quelques clous et la brise, ainsi libérée, rafraîchit son visage et ondula dans ses cheveux, telle le toucher de doigts délicats.

Maman ?” dit-il doucement.

Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé.  Quand il était plus jeune, il le ressentait souvent ; le contact furtif d’une main, caressant sa tête, touchant son épaule, se dissipait en un instant.  Il n’en avait jamais parlé à personne.

Peut-être qu’elle était ici, parce que -lui- était ici – Fraser ?

Fraser avait refusé de lui dire quoi que ce soit concernant ses relations avec Mère Geneva, et William était bien obligé d’admettre, à contrecœur, que c’était digne d’une réaction de gentilhomme.

Je veux toujours savoir, cependant.

Savoir quoi ?

Il se retourna, surpris de trouver sa sœur debout dans l’embrasure de la porte, le visage rempli de joie et les bras chargés d’édredons.

Je… rien“, dit-il, et il sentit soudain un bond dans sa poitrine.  “Ma sœur.  C’est bon de vous voir.”   Le sourire qui se dessina sur son visage était identique au sien, et elle lâcha les couvertures pour le serrer fort dans ses bras.  Son odeur était différente de celle qu’elle avait la dernière fois qu’il l’avait vue.  Les effluves puissants de térébenthine et d’huile de lin avaient disparu, remplacés par un étrange parfum qu’il identifia provisoirement comme étant celui du lait et de la merde de bébé.

Vous avez eu un enfant ?“, demanda-t-il.  “Un autre, je veux dire ?” Ce n’était pas tant la surprise de la révélation, mais plutôt le fait que, dans son esprit, les odeurs de maternité étaient indissociables d’Amaranthus.

“Vous avez un nouveau neveu”, dit-elle en se moquant de lui.  “Davy.  David William James Fraser MacKenzie, pour être exacte.”

William ?”  Il sentait ses lèvres se contracter, ne sachant pas s’il devait en déduire que…

“Oui, nous l’avons choisi en votre honneur”, lui confirma-t-elle.  “En partie.”

“Eh bien, je vous en suis pleinement reconnaissant”, dit-il en souriant.  “Et très sensible à cet honneur… ma sœur.”

“Mon frère”, dit-elle doucement, et elle tendit la main pour toucher son visage.  “C’est bon de vous voir.  Vous pensez rester un peu ?”

 

Les hashtags accompagnant la publication de Diana Gabaldon sur les réseaux sociaux : #DailyLines #UntitledBook10 #HappyEaster #ChagPesachSameach #or #DeliriousRitesofSpring #YourPreference #nospoilers

que l’on peut traduire par : #extraits #tome10sanstitre #JoyeusesPâques #ChagPesachSameach #ou #DélicieusesFêtesDePrintemps #CommeVousPréférez #pasdespoilers

 

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Extrait n°4 du tome 10 : Jamie à Brianna “Exactement comme elle”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur la page Facebook de DG le 28 avril 2018 puis le 1er mai 2022

Cet extrait avait été écrit pour le tome 9 a l’origine mais il n’a finalement pas été intégré dans ce livre. Chez Mme Gabaldon, rien ne se perd … Il figurera donc très probablement dans le tome 10 !

Ta mère t’a-t-elle raconté le rêve que j’ai fait ?  Peu après que tu sois… partie.”  Il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, pour s’assurer que personne à proximité ne pouvait l’entendre.

Non.”  Elle le regardait avec un profond intérêt, une petite ride entre les sourcils, et il ne put s’empêcher de lui sourire.  “C’était un rêve amusant ?” demanda-t-elle.

Ach, non.  Je souriais seulement parce que tu ressembles tellement à Claire, là tout de suite. Je veux dire… quand elle essaie de comprendre ce qui ne va pas chez quelqu’un.

Elle ne rit pas, mais la petite fossette qui apparaissait parfois sur sa joue droite sursauta un instant.

Personne ne dit jamais que je ressemble à maman“, dit-elle.  “Ils n’arrêtent pas de dire que je suis exactement comme toi.

Oh, tu ressembles souvent à ta mère“, lui assura-t-il.  “C’est juste que ce n’est pas une affaire de cheveux, d’yeux ou de taille.  Il s’agit de l’expression de ton visage quand tu touches Jem ou Mandy – ou quand tu parles avec Roger Mac le soir sous le porche, avec la lumière de la lune qui brille dans tes yeux.

Sa propre voix était devenue douce et rauque, et il regarda le sol, recouvert de couches de feuilles mortes, comme des étoiles mortes sous ses bottes.

Tu ressembles à ta mère amoureuse, voilà ce que je veux dire. Tu es exactement comme elle.

 

Les hashtags accompagnant la publication de Diana Gabaldon sur les réseaux sociaux : #DailyLines #UntitledBook10 que l’on peut traduire par : #extraits #tome10sanstitre

Extrait n°5 du tome 10 : Claire et Jamie, suite de l’extrait n°2 “Une bombe entre les mains”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur la page Facebook de DG le 1er juin 2022 à l’occasion de la journée mondiale d’Outlander
 

 

Le cadeau de Diana Gabaldon à tous ses fans pour le #WorldOutlanderDay 🎁 L’extrait est accompagné du message suivant : “UN GRAAAAND MERCI !!! À tous les lecteurs qui sont entrés dans le monde d’Outlander depuis le 1er juin 1991. (Bonté divine, cela fait… <compte sur les doigts>… trente et un ans ! Eh bien, le temps passe vite quand on s’amuse, n’est-ce pas ?)”

L’air s’était refroidi avec le coucher du soleil.  Il faisait maintenant nuit noire et la montagne semblait respirer, il y avait une douce sensation de printemps avec un air empli de fleurs de nuit et de résine d’arbres endormis.   Ce serait différent sur la côte.  L’air serait toujours frais, mais chargé d’odeurs de poissons et d’algues, de goudron, de bois et du goût du sel partout.

Je vivrais peut-être une autre nuit en montagne semblable à celle-ci, peut-être deux ou trois, mais pas davantage.  Je respirai profondément, bien décidée à en profiter.

Quand ?” demandai-je.

Si ça ne tenait qu’à William, nous serions déjà partis“, dit Jamie en m’attirant contre lui.  ” Je lui ai dit que je devais réfléchir, mais qu’entre-temps, les préparatifs seraient faits ; il n’y aura pas de perte de temps “. Il jeta un coup d’œil vers la fenêtre.   “Avec un peu de chance, Brianna et Roger Mac ont déjà réussi à le saouler ; il peut ainsi dormir sur ses deux oreilles.  Il sait qu’il est en sécurité “, ajouta-t-il, doucement.  “Je l’espère, du moins.

Je suis sûre qu’il le sait“, dis-je, avec douceur également, et je lui caressai le dos et ses cicatrices invisibles sous sa chemise.  Ses enfants, ses petits-enfants.  Même si ce n’était que pour un moment, ici, ensemble, dans la maison qu’il avait bâtie.

Il y eut une pause dans la musique, mais l’air était encore envahi de conversations et de rires.  Cela cessa bientôt, et il y eut quelques instants de silence avant que le son léger d’une guitare ne s’élève du feu de joie au loin.  Puis deux voix, une rauque et une douce, se mêlant dans une chanson.

🎵 Are you going to Scarborough Fair ? 🎵  Parsley, sage, rosemary and thyme… 🎵

Mon cœur se serra et ma gorge aussi.  Je n’avais jamais entendu Bree et Roger chanter ensemble.  Ils avaient certainement dû le faire avant, en privé, probablement dans le but de stimuler la voix de Roger.

Nous restâmes en silence jusqu’à la fin de la chanson, écoutant la magie.  Je levai les yeux vers le visage de Jamie, doux à la lueur des bougies, son regard au loin.  Il n’entendait pas la musique en tant que telle, mais je savais qu’il ressentait quand même la chanson.

 

Les hashtags accompagnant la publication de Diana Gabaldon sur les réseaux sociaux : #DailyLines #InHonorOf #WorldOUTLANDERDay !! #Book10 que l’on peut traduire par : #extraits #enl’HonneurDe #JournéeMondialeOutlander !! #tome10

patreon outlander addict

Extrait n°6 du tome 10 : William et David “Oncle William”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur la page Facebook de DG le 16 juillet 2022 également publié sur son site internet

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) | Relecture par Aurélie

breastfeeding-virginUn cri perçant arrêta Brianna au milieu de sa phrase. Aussitôt, elle détacha l’enfant de son sein et le fourra dans les bras de William.

« Garde-le » dit-elle, et elle disparut dans un bruissement de jupes. Il entendit ses pas, au rythme irrégulier suggérant qu’elle montait l’escalier du porche quatre à quatre, puis le son de sa voix grondant des ordres à l’intérieur de la maison. Il baissa les yeux vers le paquet chaud, et le réajusta soigneusement pour que l’enfant se repose, le visage tourné vers lui, dans le creux de son coude.

Le petit garçon semblait réfléchir en faisant claquer ses lèvres encore pleines de lait, comme intrigué par le changement soudain de sa situation, mais ne semblait pas y trouver d’inconvénient.

« Coucou », dit-il, timidement. Les yeux ronds de l’enfant se rétrécirent soudain. Le petit corps se raidit et une forte odeur d’urine fraîche poussa William à écarter hâtivement le bébé pour le tenir à bout de bras, puis il s’accroupit et coucha David sur l’herbe avant qu’un autre incident n’arrive. De fait, il y eut rapidement un autre incident, et l’enfant devint tout rouge et commença à hurler.

« Sérieusement ? » dit William. « Enfin ! nous nous connaissons à peine ! » Un coup d’œil rapide à la maison révéla l’absence de Brianna ou de toute autre femme qui pourrait lui être utile, et les cris étouffés à l’intérieur de la maison semblaient suggérer que personne n’était susceptible d’apparaître dans l’immédiat. Il se frotta le nez, puis haussa les épaules et décida d’enlever délicatement le lange, qui était mouillé et rempli d’une substance à l’odeur sucrée, semblable à celle de la moutarde, en une quantité telle qu’elle avait dégouliné sur les jambes du bébé.

La couverture était mouillée par endroits, mais pas sale, et il l’utilisa pour nettoyer les petites parties intimes et les jambes. Sa chemise avait été souillée par l’incident, mais il réussit à la rouler et la passer délicatement par dessus la tête de l’enfant sans trop salir l’un ou l’autre. A ce stade, David avait arrêté de hurler, et il remua ses petites jambes arquées avec enthousiasme.

« C’est mieux, hein ? » demanda William en lui souriant. « C’est ce que pense aussi. Mais bon sang, avec quoi vais-je bien pouvoir t’habiller ? »

Davy — oui, c’est ainsi que sa sœur appelait le bébé — était beaucoup plus jeune que Trevor l’était la première fois que William l’avait vu, mais la sensation de quelque chose à la fois très fragile et pourtant étonnamment solide — très masculin — raviva instantanément les souvenirs du fils d’Amaranthus — et d’Amaranthus.

William souffla longuement puis inspira lentement, essayant d’atténuer le nœud qui s’était soudain formé dans le creux de son estomac.

« Où êtes-vous ? » souffla-t-il doucement en respirant l’air de la montagne. « Et que faites-vous ? »

Qu’avez-vous fait ? Cette pensée suivit immédiatement la première, et il secoua la tête violemment, dans l’espoir de la chasser de son esprit. Les lèvres pincées, il sortit de sa poche un grand mouchoir — à peine utilisé — et le déplia.

« C’est mieux que rien » dit-il à Davy. « Il faut maintenir les apparences, n’est-ce pas ? »

Les hashtags accompagnant la publication de Diana Gabaldon sur les réseaux sociaux : #DailyLines #Book10

Extrait n°7 du tome 10 : Claire et Jamie “Des cornichons à l’aneth et au babeurre”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur la page Facebook de DG le 17 septembre 2022 également publié sur son site internet

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) | Relecture par Aurélie

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Rachel était assise dans un rocking-chair sur le porche, vêtue d’une chemise, lorsque William émergea de la petite forêt de trembles où se trouvait la cabane des Murray.

Elle entendit ses pas et leva les yeux, et son visage s’illumina. Le reconnaissant alors qu’il s’approchait, son sourire se transforma tandis que son regard gardait son éclat. Elle attrapa le châle plié sur le bras du fauteuil.

« William ! » dit-elle, et elle se redressa en tenant le châle sur sa poitrine. « Mon Dieu, d’où viens-tu ? » Le sourire était chaleureux et sincère, mais il comprit qu’il n’était pas l’homme qu’elle attendait.

« Madame Murray », dit-il, et s’inclina en souriant. « Votre serviteur, madame. »

Elle se mit à rire.

« Aucun homme n’est le serviteur d’un autre, William, et je sais que tu en es parfaitement conscient. »

« Je suis conscient que les Amis le croient, oui. Mais vous ne me priverez certainement pas du plaisir de vous offrir mes modestes services – en tant qu’ami ? » Il regarda autour de lui, cherchant quelque chose à faire ; son cœur avait bondi quand il l’avait vue, et ne s’était pas tout à fait calmé. Un panier de cosses de pois verts fraîchement cueillies était posé près de son rocking-chair, avec un bol en grès jaune, à moitié rempli de pois écossés.

« Asseyez-vous » dit-il. « Je vais le faire. »

Il s’assit près d’elle, les jambes pendantes sur le bord du porche, et tira le panier vers lui.

Il était conscient d’un bon nombre de choses à ce moment-là, toutes concernant Rachel : ses cheveux noirs détachés, un peu ébouriffés, et ses longues jambes nues et bronzées sous sa chemise. Elle croisa ses chevilles — très fines — quand elle perçut son regard, et il détourna les yeux, ne voulant pas l’embarrasser, même s’il aurait souhaité continuer à la regarder.

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Elle était seule ; la porte de la cabane était ouverte et il n’y avait aucun bruit à l’intérieur.

Pendant la longue montée vers la cabane, il ne s’était pas avoué qu’il espérait la trouver seule… mais c’était le cas. La dernière fois qu’il l’avait rencontrée, elle l’avait giflé, frappé au tibia et traité de jeune coq. Rien de tout cela n’était très flatteur, et il espérait lui présenter ses excuses.

Pourtant, c’était il y a presque trois ans, et elle semblait alors assez bien disposée à son égard … et elle était désormais mariée pour de bon.

« Toutes mes excuses », dit-il. « J’aurais dû penser à vous rapporter quelque chose de la fête — il y a une quantité de nourriture qui semble suffisante pour éviter au Ridge de mourir de faim pendant au moins trois mois. Des dizaines de poulets frits, des tartes de toutes sortes, quelque chose qu’on m’a dit être du foufou de maïs* — et c’est ma sœur qui me l’a dit, je suis donc enclin à le croire — des patates douces avec des pommes et des oignons, et un énorme porc. Ils ont dit qu’il avait cuit sous terre pendant des jours, jusqu’à ce que la chair commence à se détacher de l’os — on sent l’odeur de de la viande dans toute la colline et les restes de la carcasse pourraient nourrir …

Rachel se leva soudainement, agrippa le poteau qui soutenait le toit de la cabine et vomit par-dessus du porche.

« Mlle Hunter ! Je veux dire… Mme… Mme… » Dans le stress du moment, il avait oublié son nom d’épouse. « Rachel ! » Il s’était précipité quand elle s’était levée, et il lui tenait maintenant le coude pour l’empêcher de basculer.

Elle émit un son inarticulé, agitant une main pour l’éloigner, puis elle vomit de nouveau, plus abondamment. Elle chancelait, même si elle s’accrochait maintenant au poteau de ses deux mains, et il mit un bras autour de sa taille pour la soutenir.

« Oh, Seigneur ! » dit-il, aussitôt soulagé et consterné par le petit gonflement rond qu’il avait touché sous sa chemise. « Vous êtes enceinte ! »

Malgré son manque d’équilibre évident, elle lui envoya un regard qui heureusement ne fut pas exprimé en mots.

« Pardonnez-moi, madame », dit-il en retirant doucement sa main de son ventre.

Elle fit un signe de la main et recula, s’effondrant dans le fauteuil avec une force qui fit le brièvement basculer. Ses yeux étaient fermés, son visage luisait de sueur et avait pris la couleur du lait caillé.

« Y a-t-il … quelque chose… ? », dit-il, même si la situation semblait totalement dépasser ses capacités.

Sa gorge longue et délicate trembla lorsqu’elle avala, et elle grimaça.

« Un cornichon », dit-elle. « Des cornichons. Du babeurre » Elle pointa sa main molle vers la porte ouverte.

L’idée d’associer cornichons et babeurre le fit se sentir un peu nauséeux, mais il entra aussitôt dans la cabane et fouilla le garde-manger : celui-ci contenait un petit pot de cornichons miniatures qui, au vu de leur odeur, avaient été marinés dans du vinaigre, de l’aneth, de l’ail et du poivre noir. Ils ne semblaient pas très appropriés pour quelqu’un ayant des troubles digestifs, mais Amaranthus lui avait énuméré un jour toutes les choses qu’elle avait trouvées comestibles pendant sa grossesse, toutes bien pires que les cornichons parfumés à l’ail. Et les cornichons à l’aneth étaient efficaces contre le mal de mer…

*************************************************************

  • le Foufou est un aliment africain avec une consistance pâteuse et semblable à de la purée de pommes de terre, généralement consommé en accompagnement de soupes ou de ragoûts. Il constitue une partie importante de diverses cuisines d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes et est généralement fabriqué à partir de racine de manioc, d’igname ou d’autres ingrédients féculents comme le maïs, qui sont pilés et mélangés avec un peu d’eau pour former une pâte lisse et élastique. (source)



 

Extrait n°8 du tome 10 : Claire, Jamie et William “Monsieur”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur la page Facebook de DG le 31 octobre 2022 également publié sur son site internet

Proposition de traduction par Aurélie| Relecture par Brigitte Blanc (communauté Patreon)

Une demi-heure plus tard, la bouteille de whisky était vide, mais nous avions tous les trois les idées très claires, et j’avais une boule de terreur froide au creux de mon ventre. Selon William, Persévérance Wainwright était mort, et Lord John était porté disparu, enlevé par un homme nommé Richardson. Ou du moins, c’est ce qu’avait dit Percy, avant de mourir empoisonné sur le tapis devant la cheminée dans la maison de Lord John.

Jamie se frotta le visage avec sa main, ouvrit les yeux et me regarda, en levant un sourcil.

Est-ce possible ?” dit-il.

William serra les lèvres et il fit un bruit qui ressemblait à un grognement étouffé.

Je ne devrais pas être surpris que vous me preniez pour un menteur, Monsieur. Mais demandez-vous pourquoi je vous raconterais une histoire pareille. Ou la raison de ma présence ici.

Je l’ai fait“, dit Jamie sans détour. “Je me suis posé la question, je veux dire. Et maintenant, je la pose à ma femme.

Possible, oui“, dis-je, en essayant de ne pas montrer à quel point cette éventualité était inquiétante. “Le frère de John – tu sais, le Duc – m’a envoyé une lettre l’année dernière, me demandant quelles herbes je lui conseillerais pour exterminer des… hum… parasites. Je n’étais pas sûre qu’il était sérieux – mais je n’ai jamais vu Hal plaisanter.Jamie fit un bruit qui était clairement un grognement.

Oh, Sa Grâce a le sens de l’humour“, dit-il, très cynique. “Mais tu as raison, il ne fait pas de plaisanteries, ni de jeux de mots comme son frère. Et donc, tu lui as répondu ?

En effet“, dis-je en le fixant du regard. “En me référant aux plantes qui poussaient à Savannah à ce moment-là, je lui ai dit qu’un extrait alcoolisé de digitale serait toxique, mais qu’il devrait faire attention en l’utilisant. Je me disais qu’il avait probablement l’intention de l’utiliser sur des souris ou des rats”, ajoutai-je sur la défensive. “Il y a des souris dans la plupart des maisons de Savannah, et des cafards.

Ils grognèrent tous les deux. Je n’y prêtai pas attention.

Mais pensez-vous réellement que Hal avait l’intention d’empoisonner quelqu’un, une personne, je veux dire ? Ou Percy, en particulier ? Parce que la description que vous avez faite de ses symptômes rappelle fortement un empoisonnement à la digitale – mais d’après ce que vous dites, il semblerait que Percy a pris la bouteille de brandy empoisonné tout à fait par hasard, n’est-ce pas ?

Dieu seul le sait.William ferma brièvement les yeux, et je vis à quel point il était fatigué, son jeune visage marqué par la crasse d’une longue chevauchée. Il rassembla cependant ses forces, et se redressa.

Je me fiche de savoir comment ou pourquoi Percival – ou Persévérance – en est venu à mourir dans la maison de Lord John. Il est venu me dire où était Lord John, et… et pourquoi.

Pourquoi.

Jamie me lança un regard entendu, puis dévisagea William.

Donc Sa Seigneurie est – d’après ce que tu en sais – détenue à bord d’un navire appelé Pallas, entre les mains d’un homme appelé Richardson, que tu considères comme un vrai salaud car il a essayé de te tuer plus d’une fois – et maintenant il dit qu’il a l’intention de tuer Lord John ?

Oui.

Mais tu ne sais pas pourquoi ?

William se frotta le visage de ses mains et secoua la tête.

Je vous ai dit ce que ce satané Wainwright m’a dit. Comment saurais-je si c’est la vérité ? Cela a l’air… ‘’ Il fit un geste violent et désespéré avec ses mains.

Jamie et moi échangeâmes un bref regard. Comment, en effet ? Cela ressemblait à de la pure folie pour William ; cela semblait bien pire pour moi, et pour Jamie.

Jamie s’éclaircit la gorge et posa les deux mains sur son bureau.

Je suppose que cela n’a pas vraiment d’importance, n’est-ce pas ? Que nous le croyions ou non, je veux dire. La seule chose à faire est de trouver où est sa Seigneurie, et de le ramener.

C’était dit si simplement que je souris, en dépit de la situation, et les épaules de William se relâchèrent légèrement.

Cela semble si simple pour vous“, dit-il. Sa voix était sèche, mais la touche de tension avait disparu.

Mmphm. Depuis combien de temps es-tu sur la route, mon garçon ?

Ne m’appelez pas ‘mon garçon‘”, dit William, par réflexe. “Trois mois, plus ou moins. A la recherche de mon pè…, Lord John, ou de mon oncle. Lui aussi, il est impossible à trouver.

Oui. Eh bien, vingt-quatre heures ne changeront rien à tes chances de trouver l’un ou l’autre. Mange, lave-toi, et repose-toi à présent. Nous établirons nos plans demain.

Il tourna la tête pour regarder par la fenêtre, puis regarda pensivement William. Le soir approchait, mais il y avait encore des gens dans la cour et autour des arbres voisins. Je pouvais deviner ses pensées. William aussi.

Que va-t-on dire… aux gens…” il fit un signe de tête vers la fenêtre, “à propos de qui je suis ? Beaucoup d’entre eux m’ont vu. Et Frances est au courant.

Jamie se pencha un peu en arrière en regardant son fils. Son fils, et je sentis, plutôt qu’observai, la chaleur qui l’envahissait à cette pensée.

Tu n’as pas besoin de dire qui tu es.” Il vit la moue sceptique de William sur son visage. “Nous dirons que tu es le fils de mon cousin Murtagh, si tu veux.

Je ravalai de travers un rire surpris et deux paires d’yeux bleu foncé me fixèrent avec sévérité au-dessus de deux nez longs et droits.

Les mensonges, c’est terminé pour moi“, dit brutalement William, et il pinça fermement les lèvres. Jamie lui adressa un long regard pensif, et hocha la tête.

La vérité est irrémédiable, tu le sais ?

Je n’ai pas besoin de parler écossais, n’est-ce pas ?

Je paierais cher pour t’entendre, mais non.” Il prit une grande inspiration et me fixa. “Dis juste que ta mère était anglaise, et qu’elle est morte, Dieu bénisse son âme.

Si toutefois quelqu’un pose la question“, dis-je, voulant me montrer rassurante. Jamie fit un bref bruit écossais.

Ce sont des Écossais, Sassenach“, dit-il. “Tout le monde demandera. Mais ils ne nous le demanderont peut-être pas directement.”

La musique commençait à se faire entendre, des violonistes, des joueurs de tambours et de cithares descendaient des bois ; il y aurait de la danse dès la nuit tombée.

Venez avec moi, William“, dis-je. “Je vais vous trouver de la nourriture.

Il prit une grande inspiration qui descendit jusqu’aux semelles de ses bottes et se leva.

Merci, monsieur“, dit-il à Jamie, en s’inclinant légèrement.

Vous n’êtes pas obligé de continuer à l’appeler “monsieur”“, dis-je en lançant un regard de l’un à l’autre. “Je veux dire… pas maintenant.

Si, il peut“, dit sèchement Jamie. “Les autres noms qu’il pourrait me donner sont des noms qu’il ne peut – ou ne veut pas utiliser. ‘Monsieur’ fera l’affaire.

Balayant le sujet d’un geste de la main, il se leva de sa chaise, grimaçant légèrement devant l’effort nécessaire pour le faire sans l’aide de ses mains.

Vous savez,” dit William, sur le ton de la conversation, “il fut un temps où c’est moi que vous appeliez Monsieur”.  Il n’attendit pas pour savoir s’il y aurait une réponse à sa remarque et traversa le couloir se dirigeant vers la cuisine, le pas léger.

Eh bien, petit salopard“, dis-je, bien que je fusse plus amusée que choquée, et Jamie aussi, à en juger par le frémissement au coin de ses lèvres. “Belle chose à dire à quelqu’un à qui tu viens de demander de l’aide !

Oui, eh bien, je suppose que ça dépend à qui on le dit.Jamie haussa une épaule et la laissa retomber. “Il avait six ans, la dernière fois que je l’ai appelé comme ça.



 

Extrait n°9 du tome 10 : Jamie informe Jenny de la présence de William au Ridge

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur la page Facebook de DG le 1er janvier 2023 également publié sur son site internet

Proposition de traduction par Aurélie| Relecture par Brigitte Blanc (communauté Patreon)

Jamie croisa sa sœur, à huit cents mètres de la cabane des Murray ; elle avait l’air inquiet. Son visage s’éclaira un peu quand elle le vit, et plus encore quand elle aperçut le chien.

Te voilà, petite crapule!” Le chiot aboya joyeusement en la voyant et courut vers elle. Jenny l’intercepta avant qu’il ait eu le temps de sauter sur sa jupe avec ses pattes boueuses, et le repoussa fermement, empoignant sa fourrure et frottant ses oreilles tandis qu’il se tortillait de plaisir tout en essayant de lui lécher les mains. “Qu’est-ce que tu fais avec lui ?” demanda-t-elle au chien, en pointant sa main en direction de Jamie. “Et qu’as-tu fait de ton maître, hein ?

Son maître ? Ian, tu veux dire ?

Ben oui.” Elle tendit le cou pour regarder autour de lui, dans l’espoir évident que Ian soit derrière lui. “Il n’est pas encore rentré. Rachel passe son temps à rendre tripes et boyaux et Oggy voulait son petit doudou. C’est pourquoi je me suis dit que le chien devait être avec Ian et que le mieux était de descendre les chercher à l’endroit où ils avaient dormi la nuit dernière.

Un frisson de malaise parcourut Jamie.

“C‘est ce que j’avais l’intention de faire, en fait. J’ai trouvé le chien qui dormait avec Meyers, mais je n’ai pas vu le bout d’un cheveu de Petit Ian.Jenny arqua un sourcil noir et lisse.

Quand l’as-tu vu pour la dernière fois ?

C’est ce que toutes les femmes qu’il connaissait disaient quand quelque chose était perdu. Il jeta à Jenny un regard suggérant que la question n’était pas plus utile que les mille dernières fois où il l’avait entendue. Néanmoins, il répondit.

Hier, après le mariage, alors qu’il dansait avec Silvia Hardman et Patience-enfin, je veux dire Higgins. Peut-être une heure avant…” Il s’arrêta soudain. Il était sur le point de dire “Avant William“, mais il ne voulait pas se laisser entraîner dans une discussion au sujet de William maintenant. Jenny, Rachel et Oggy avaient quitté les festivités plus tôt que les autres ; Rachel se sentait un peu patraque et sa sœur devait traire ses chèvres. La nouvelle leur était-elle parvenue ?

« Non », pensa-t-il, parfaitement conscient du regard perçant de de sa sœur sur son visage. « Si elle savait pour William, c’est la première chose qu’elle m’aurait dite.

Et elle me tuera si je ne lui en parle pas maintenant”, conclut-il.

Mon fils est là“, dit-il brusquement. “William.

Le visage de Jenny se vida de toute expression l’espace d’une seconde, puis passa par un tel éventail de sentiments qu’il ne parvint pas à tout saisir. Mais il vit finalement de la joie pure, et sa gorge se serra en l’observant. Elle éclata de rire, et il sourit, gêné par ses propres émotions.

Est-il venu armé ?” demanda-t-elle alors, une pointe de doute dans la voix.

 

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Extrait n°10 du tome 10 : Claire et William “pas de titre” (Liste des choses à faire)

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Twitter de DG 11 janvier 2023, à l’occasion de son anniversaire également publié sur son site internet

Proposition de traduction par Aurélie et Brigitte Blanc (communauté Patreon)

Réflexions sur les dates anniversaire :

Que faites-vous tous lorsqu’un nouvel anniversaire se profile ou s’exhibe de manière attrayante devant vous, comme un chien amical qui veut se faire frotter le ventre ? Regarder en arrière ? Se projeter vers l’avenir ? Ou simplement s’asseoir tranquillement et profiter du moment présent  ?

Je suis personnellement attirée vers la dernière option. J’essaie de prendre quelques instants rien que pour moi, de m’asseoir dans mon bureau au plus profond de la nuit et de Simplement Être. Quoi que je sois maintenant, je ne le serai plus. D’un autre côté, ce que je suis maintenant, et ce que j’ai été chaque jour depuis le jour où je suis née, demeurera avec moi sous une forme ou une autre.

 Mais cela vaut la peine de vérifier, pour voir ce qui est purement moi et ce qui pourrait être un simple bagage que je transporte – pour moi-même ou pour un autre. Je n’ai rien contre les bagages, mais il faut les emballer soigneusement ; on ne sait pas jusqu’où on devra peut-être les porter.

 Et, comme Claire, on n’a peut-être qu’aujourd’hui pour les préparer.

.*.*.*.*.

Je me réveillai avec une liste en tête. Ce n’était en rien inhabituel, mais cette liste s’accompagna d’une poussée d’adrénaline. Je n’avais, tout au plus, qu’une journée pour me préparer non seulement à quitter le Ridge pour une durée indéterminée, mais aussi pour préparer le Ridge à être quitté.

Je m’extirpai hors du lit, mon cœur s’accélérant déjà, puis je m’assis un moment, essayant de me concentrer sur ce qui devait être accompli en premier. Eh bien, c’était simple… Je sortis le pot de chambre de dessous le lit et je constatai qu’il était propre et sec. Ce qui signifiait soit que Jamie s’était levé tôt et avait pris soin d’aller aux toilettes, soit qu’il s’était levé dans la nuit et avait fait par la fenêtre. Bien que je n’aie jamais ressenti personnellement le manque de pénis, je devais admettre que c’était une chose pratique à avoir lors d’un pique-nique…

Mes propres besoins sanitaires étant satisfaits, j’étais assez lucide pour me brosser les dents, m’asperger le visage d’eau et passer mes mains mouillées dans mes cheveux. Il est peu probable que ce geste dompte mes cheveux, mais mes mains étaient suffisamment sèches pour enfiler mes bas.

Liste…

_Trouver quelque chose semblable à du café.

_Boire une substance semblable à du café.

_Manger n’importe quel reste du festin d’hier, tout en inspectant la réserve, le garde-manger, le placard des simples et le grand chaudron.

_ Rajouter mentalement une sous-liste des choses à trouver, des choses à ramasser ou à déterrer, à mettre dans le chaudron pour commencer à cuisiner…

Sylvia et ses filles s’étaient officiellement installées dans la cabane de Bobby la nuit dernière. J’étais heureuse pour elles, mais ça me laissait un peu à court de bras. Donc… convoquer Fanny, Joanie et Fizzy et leur donner ma liste sur laquelle commencer à travailler.

– Trouver Bree et faire une nouvelle liste avec le nom des personnes qui pourraient être source de problèmes – médicaux, politiques ou autres – dans les prochains… combien de temps ?

“Dieu seul le sait”, marmonnai-je. William recherchait Lord John depuis trois mois [temps à vérifier] ; et si Richardson avait décidé de l’emmener à Londres et de le dénoncer à la Chambre des Lords ou autre ?

Trouver Roger….non, Jamie aurait déjà trouvé Roger et l’aurait informé qu’il était désormais devenu, de facto, sa Seigneurie pour les temps à venir.

Retour à la liste… A ce moment-là, je descendis les escaliers mes bas aux pieds, les chaussures à la main.

Envoyer Jem ou Germain ou les filles chercher Jenny et Rachel. Nourris-les d’abord, me dit mon subconscient.

J’humai l’air avec optimisme. Oui, c’était bien l’odeur du porridge et des toasts. Et l’odeur du bacon ? Oui, certainement du bacon. Ce qui voulait dire qu’ils étaient probablement déjà en train de manger. J’étais affamée, malgré tout ce que j’avais mangé la veille.

Est-ce que Jenny et Rachel voudraient s’installer dans la grande maison en l’absence de Ian ? De la compagnie et de l’aide pour Brianna… tous ces enfants… mais il fallait aussi penser aux chèvres de Jenny

J’entrai dans la cuisine, pour trouver William assis à table, entouré d’enfants et surveillé de près par Fanny, armée d’un plateau de bacon croustillant et d’un pot de confiture de pêches.

Mère Claire !William tenta de se lever pour me saluer, mais sans le pouvoir à cause du poids du banc sur lequel les enfants étaient assis. “Euh… comment allez-vous ?

Un peu mieux que vous, je dirais“, dis-je en m’asseyant sur un petit tabouret pour mettre mes chaussures. “Vous avez fini par dormir ?” Il était très mince ; ses pommettes saillaient comme des lames et sa peau était d’un jaune grisâtre maladif sous son hâle. Ce teint était d’autant plus disgracieux qu’il contrastait avec sa barbe rousse naissante.

Je ne me souviens pas d’avoir dormi“, dit-il en passant une main sur son chaume, “mais je me suis réveillé, donc j’ai dû dormir quand même. Je me sens beaucoup mieux“, m’assura-t-il, en prenant une poignée de bacon sur le plateau de Fanny. “Du moins, ce sera le cas, dès que j’aurai mangé. Merci, Frances.

“Vous devriez prendre du lait, aussi”, lui dit-elle. “Pour protéger l’intérieur de votre estomac, après tout ce que vous avez bu la nuit dernière.”

Tout ce que j’ai bu ?” Il parut amusé, malgré les signes de fatigue liés à la route et à sa gueule de bois. “Vous avez compté, Frances ? C’est très gentil de votre part. Vous ferez un jour une excellente épouse pour un homme chanceux.

Elle rougit jusqu’à la racine des cheveux, mais il lui sourit, et elle inspira profondément et parvint à faire une petite grimace avant de disparaitre pour aller chercher plus de toasts.

Qu’est-ce que j’ai bu hier soir ?” me demanda William en baissant la voix. “J’avoue que je ne me souviens pas de grand-chose de la nuit dernière. J’étais… tellement soulagé. D’avoir…

Atteint un refuge ?” demandai-je sur un ton compatissant. “J’imagine que oui. Vous êtes resté seul pendant un bon bout de temps.

Il s’arrêta un moment, étalant de la confiture sur un toast, puis dit doucement : “En effet. Je vous remercie. Pour…” il fit un geste bref autour de la cuisine animée, puis s’éclaircit la gorge. “Pensez-vous que Monsieur Fraser sera…

Bientôt de retour ? Oui.” Il m’offrit le toast et je le pris. Je mourais de faim et il était délicieux, chaud, croustillant et sucré. “Fanny ?” dis-je en déglutissant. “Monsieur Fraser a-t-il pris un petit-déjeuner ?

Oui“, dit-elle. “Il allait sortir quand je suis descendue, mais il avait un morceau de poulet frit à la main.

A-t-il dit où il allait ?

Non, m’dame. Il n’était pas armé,” se crut-elle obligée d’ajouter. “Il avait juste son couteau.

Son poignard ou le petit couteau ?“. Son front se plissa sous l’effet de la concentration, puis se détendit.

Les deux.

C’est donc qu’il quittait la propriété, mais n’allait pas loin.

 

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Extrait n°11 du tome 10 : Fanny et William “pas de titre” (Vous allez tuer l’homme qui a enlevé Lord John ? )

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG 10 février 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Beer in mug and wheet on wooden table and black background. Image Diana Gabaldon

William ouvrit les yeux et resta immobile. Il s’était habitué à ne pas savoir précisément où il se trouvait au réveil, sauf lorsqu’il dormait dans les bois. Les bois, la nuit, sont des endroits mystérieux, et son oreille interne entendait des sons toute la nuit, une partie profonde de son cerveau reconnaissant et rejetant sans hésitation des bruits comme le vent à travers les feuilles, la chute des glands ou le crépitement de la pluie sur la toile de son abri, mais demeurant toujours assez sensible pour l’avertir du pas lourd d’un ours marchant à proximité – sans parler des branches se cassant sur son passage.

Le comportement de son cerveau lui permettait ainsi de le maintenir conscient de ce qui se passait autour de lui et donc de ne pas être surpris à l’aube, même s’il ne se réveillait jamais pendant la nuit.

Cependant, Il avait dormi comme une masse la nuit dernière, épuisé par son voyage, repu de bons plats chauds et d’autant d’alcool qu’il pouvait en boire. Il se souvenait vaguement être allé se coucher, mais il était maintenant allongé sur le sol d’une pièce vide – il sentait les planches lisses sous ses mains, quelque chose de chaud sur lui. La lumière filtrait à travers une fenêtre recouverte de toile de jute…

Et tout à coup, la pensée surgit juste là dans son esprit, sans avertissement.

_Je suis dans la maison de mon père._

Seigneur,” dit-il à voix haute, et il s’assit en clignant des yeux. Tous les évènements de la veille lui revinrent, un mélange confus d’efforts, de sueur et d’inquiétude, la grimpée à travers la forêt et les falaises, pour finalement voir émerger une grande et belle maison, ses fenêtres aux carreaux de verre – de verre, dans cette contrée sauvage ? – scintillants au soleil, incongrus parmi les arbres.

Ils étaient allés, lui et son cheval, au-delà de la peur et de la fatigue, et puis… il était là, simplement assis sur le porche. James Fraser.

Il y avait d’autres personnes sur le porche et dans la cour, mais il n’en avait remarqué aucune. Juste lui. Fraser. Il avait passé des kilomètres et des jours à se demander quoi dire, comment décrire la situation, comment formuler sa demande – et en fin de compte, il était simplement monté jusqu’au porche, essoufflé, et avait dit : « Monsieur, j’ai besoin de votre aide. »

_ Il prit une profonde inspiration et passa ses deux mains dans ses cheveux en bataille, revivant ce moment. Fraser s’était levé aussitôt, avait descendu les marches, l’avait pris par le bras. Et il avait dit : _”Tu l’as.

_ « Tu l’as » répéta-t-il doucement, pour lui-même. Hier, cela avait été suffisant – le soulagement de savoir que l’aide était à portée de main. Il se sentait toujours soulagé, mais d’autres sentiments s’étaient glissés en lui pendant qu’il dormait.

Penser à Papa lui faisait toujours l’effet d’un coup de poignard dans sa poitrine et d’une pierre dans son ventre. Il n’avait pas oublié, même sous les assauts des gens et le réconfort d’une grande quantité de whisky.

Lord John et Willam sur le tournage de la saison 7 d’Outlander

Il y avait eu une avalanche de personnes, sortant de la maison, courant dans la cour vers ce qui semblait être une fête sous un arbre énorme. Il n’avait remarqué que trois personnes dans la masse tourbillonnante : Mère Claire, la petite Fanny, et quelques instants plus tard, sa sœur.

_Sa sœur_. Il ne s’était pas attendu à trouver Brianna ici. Il avait été trop abasourdi par la peur, la terreur, l’appréhension, la fureur et le désespoir, tout à la fois, pour ne serait-ce qu’essayer d’imaginer comment il serait reçu à Fraser’s Ridge. _Et_, s’avoua-t-il, _parce que je pouvais à peine rester en selle, et si j’avais essayé de faire le discours que j’avais préparé, je serais tombé face contre terre avant d’avoir prononcé la première phrase_.

Mais il l’avait prononcée, et il avait eu sa réponse.

Cela lui donna suffisamment de courage pour se mettre debout. Sa couverture était une simple pièce de tricot couleur vomi, et il la plia soigneusement et la mit de côté. Il chercha un ustensile quelconque et trouva un pot en fer-blanc, placé près de la porte ainsi qu’une grande bouteille à côté, avec une étiquette attachée autour du goulot, qui disait « Buvez-moi ». Il tira le bouchon et renifla. De l’eau. Exactement ce dont il avait besoin, et il but avidement, tenant la bouteille d’une main et déboutonnant son pantalon de l’autre.

Il avait presque fini quand la porte s’ouvrit. Il s’étouffa, crachant de l’eau et essaya de se couvrir avec son autre main.

Bonjour, William,” dit Fanny. « Je vous ai apporté quelque chose pour rompre votre jeûne. Mais il y a du porridge et du bacon en bas. Quand vous serez plêt-_prêt_.» Elle tenait une épaisse tranche de pain beurré et une tasse en bois qui sentait la bière et avait l’air amusée.

« Merci, Fanny », dit-il en reboutonnant son pantalon avec autant de dignité que possible. « Euh… comment allez-vous ? »

Très bien, merci,” dit-elle, et elle se redressa, laissant pointer soudainement une paire de petits seins tout neufs. « J’ai appris à parler. Correctement », a-t-elle ajouté en roulant légèrement ses « r ».

C’est ce que j’entends », dit-il en souriant. « Vous avez une belle voix, Frances. C’est de la bière ?»  « Oui. Je l’ai brassée moi-même », dit-elle fièrement en lui tendant la tasse.

C’était une bière médiocre et visiblement aigre, mais il avait encore soif et il l’avala sans effort. Tout comme le pain beurré, qu’il engloutit en quelques bouchées. Frances le regarda avec approbation.

« Pourquoi les femmes aiment-elles nourrir les hommes ? » demanda-t-il en avalant la dernière bouchée. “Nous sommes très reconnaissants, bien sûr, mais cela semble beaucoup d’efforts pour peu de gains.” Elle avait rosi, et il trouva qu’elle ressemblait à une petite fleur, de celles qu’on trouve cachées dans l’herbe d’une prairie au printemps.

Mme Fraser dit que les femmes veulent garder les choses en vie et les hommes veulent tuer les choses », dit-elle en prenant la tasse vide. “Mais nous avons besoin des hommes pour faire cela pour nous, alors nous les nourrissons.

« En effet », dit-il, plutôt surpris d’entendre ce genre d’opinion attribuée à Mère Claire.

« Allez-vous tuer l’homme qui a enlevé Lord John ? » demanda-t-elle sérieusement. Sa rougeur s’était estompée et son regard était sérieux. « J’ai écouté. J’ai entendu ce que vous avez dit à Monss-Monsieur Fraser

Il prit une profonde inspiration et sentit l’air frais des bois emporter ses dernières traces de fatigue.

Oui, Frances,” dit-il. “Je vais le tuer.” [Fin de la partie]

 

Extrait n°12 du tome 10 : Claire accouche Mhairi “Cimian crease” (Le pli simien )

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG 11 mars 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Pli simien | source : Student Nurse Laura’s website

J’ouvris le poing minuscule pour vérifier à nouveau. Je n’avais eu qu’un aperçu, mais… Par réflexe, je levai ma main gauche et je jetai un coup d’œil à ma propre paume. C’était un labyrinthe de lignes multiples : la tête, le cœur, la vie, l’amour, le destin – et des dizaines d’autres liées à l’usure quotidienne de l’âge et au travail. Un filet pour attraper un futur inconnu.

Mais la petite étoile de mer tremblotante dans ma main droite présentait une surface quasi lisse, à l’exception d’une seule ligne régulière et profonde le long de la paume supérieure. Seulement une. Le manuel de diagnostics Merck l’appelait un pli simien.

Les petits doigts se recroquevillèrent à nouveau, agrippant mon index. Faible certes, mais le réflexe de préhension était présent. La naissance avait été facile – c’était la huitième grossesse de Mhairi MacDonald, mais les choses pouvaient mal tourner avec n’importe quelle naissance. Les scores d’Apgar étaient faibles, mais acceptables, comparés à certains des autres réflexes ; impossible d’obtenir un réflexe de Babinski – et le tonus musculaire dans l’ensemble était… le bébé donna une sorte de mouvement saccadé et convulsif qui faillit la projeter de mes genoux puis elle fit un grognement qui n’était pas tout à fait un cri.

« Chut, ma chérie, je te tiens… ne t’inquiète pas, tout ira bien… » Je la pris dans mes bras et je la câlinai – petite, mais chaude et solide, enveloppée dans la chemise de son frère aîné, faute de couverture – contre mon épaule et je jetai un coup d’œil à sa mère, avec une sensation de froid et de lourdeur dans ma poitrine.

Je savais. J’avais su au moment où j’avais commencé à enduire le petit corps d’huile. Les signes n’étaient pas tous là, mais… il y en avait assez. Le nez aplati, l’écart inhabituel entre le gros orteil et le deuxième orteil… Que pourrais-je, que devrais-je leur dire ?

La vieille Mme MacDonald aidait sa fille, pétrissant son ventre flasque d’un toucher ferme mais bienveillant, chuchotant ce que je pensais être une bénédiction en Gaidhlig. Mhairi était allongée sur son oreiller trempé de sueur, respirant lentement, les yeux mi-clos, émettant de petits grognements qui ressemblaient à ceux de sa dernière née.

Peut-être que je ne devrais rien dire… de spécifique. Le « syndrome de Down » ne signifierait rien pour qui que ce soit à cette époque, encore moins la « trisomie du chromosome 21 ». On ne pouvait pas prédire le niveau de la déficience cognitive ; peut-être légère, peut-être qu’elle ne serait pas très perceptible. Et à cette époque, où les filles travaillaient pour la plupart dans la maison et dans les champs et s’occupaient des enfants, cela n’avait peut-être pas beaucoup d’importance ; peut-être pourrait-elle vivre assez bien au sein de sa famille.

Si elle pouvait téter. Si elle ne le pouvait pas, elle ne vivrait probablement pas longtemps. Sa bouche était légèrement ouverte, remplie par une épaisse langue saillante. Je la reposai à nouveau sur mes genoux et lui caressai légèrement la joue. Ses oreilles étaient encore roses et légèrement froissées par la naissance, mais semblaient normales, bien que petites. Ses yeux semblaient un peu bridés, mais étaient toujours bien fermés, les cils invisibles, mais elle tourna aussitôt la tête à mon contact, en reniflant.

Reflex d’enracinement. Vérifié.

Bien,” murmurai-je. “Peux-tu téter, ma chérie ?

Mes mains n’étaient pas assez propres pour que j’envisage de lui mettre un doigt dans sa bouche pour essayer. Nous devrions attendre et voir. Je jetai un coup d’œil au lit, à moitié caché dans l’obscurité. Mme MacDonald pétrissait toujours, mais sa tête était relevée et elle me regardait pendant qu’elle travaillait, un pli profond entre ses sourcils. Sa bouche était serrée, mais je me rendis compte que ni moi ni l’enfant n’étions sa préoccupation immédiate.

Quel est le mot pour un placenta en Gaidhlig?” demandai-je en me levant avec le bébé. Mme MacDonald cligna des yeux et essuya une goutte de sueur qui coulait sur sa joue. La porte et la fenêtre étaient fermées pour éloigner les mouches attirées par l’odeur du sang, il y avait donc un feu pour fournir de la lumière et de l’eau chaude, et nous tous – sauf le bébé – transpirions dans les ombres mouvantes.

Elle haussa les épaules. “Il y en a un qui signifie « gâteau de naissance”. C’est breith-cèic. Elle baissa les yeux sur ses mains qui travaillaient. Quel que soit le mot que vous choisissiez, celui-ci ne descend pas.” Il y avait une note de tension dans sa voix, même si ses vieilles mains noueuses maintenaient un pétrissage régulier.

J’ai quelque chose qui pourrait aider“, proposai-je. J’avais apporté mon kit d’accouchement dans un sac en tissu. Le sac ne contenait pas tout, mais il y avait des feuilles de framboisier séchées. Un thé fort aidait le travail ; cela pourrait, je l’espérais, déloger un placenta non coopératif. J’aurais mis l’enfant au sein de Mhairi pour qu’elle puisse téter, mais vu mes doutes… il valait mieux commencer par le thé.

Mme MacDonald hésita un instant, les mains immobiles et les sourcils froncés. « La vieille Mme MacDonald pense que vous êtes une sorcière », m’avait dit Fanny. « Mais ce n’est pas grave, parce que M. MacDonald a peur de M. Fraser ». Elle me regarda fixement, les yeux plissés, mais baissa ensuite les yeux vers sa fille haletante et céda. “Donnez-moi la petite et faites ce que vous pouvez,” dit-elle brusquement.

 

Extrait n°13 du tome 10 : Roger et Jamie

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG 1 avril 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

[Jamie et Rogersont assis à l’extérieur de la malterie, discutant du départ imminent de Jamie pour trouver Lord John.]

Avez-vous peur ?” dit-il. Jamie lança un regard acéré à Roger, mais haussa les épaules et s’installa avant de répondre.

« Ça se voit ? »

Pas sur vous” le rassura Roger.  “Sur Claire.

Jamie eut l’air étonné, mais après un moment de réflexion, hocha légèrement la tête.

Oui, je suppose que c’est le cas. Elle dort avec moi, tu sais ?” De toute évidence, Roger n’avait pas l’air de comprendre vraiment, car Jamie poussa un léger soupir et s’appuya contre le mur de la malterie.

« Je fais des rêves », dit-il simplement. « Je peux assez bien maitriser mes pensées quand je suis éveillé, mais… tu sais, les Indiens disent que le monde des rêves est aussi réel que celui-ci ? Parfois, je pense que c’est vrai, mais j’espère souvent que ce n’est pas le cas ».

« Vous parlez de vos rêves à Claire ?». Jamie fit une petite grimace.

Parfois. Certains… eh bien, tu sais peut-être que parfois cela aide d’ouvrir ton esprit à quelqu’un, quand tu es troublé, et certains rêves sont comme ça ; ce que je veux dire c’est que raconter ce qui s’est passé te permet de prendre du recul. Tu comprends alors que c’est seulement un rêve, comme on dit. »

Seulement.” dit Roger doucement, mais Jamie hocha la tête, sa bouche se détendant un peu.

Oui.” Ils restèrent silencieux pendant quelques instants, les bruits du vent et des oiseaux aux alentours leur tenaient compagnie. “J’ai peur pour William,” dit brusquement Jamie. Il hésita, mais ajouta à voix basse : « Et j’ai peur pour John. Je n’avais pas envie de penser à ce qu’on pourrait—à ce qu’on pourrait lui faire subir. Des choses dont je ne pourrai peut-être pas le sauver.”

Roger lui jeta un coup d’œil, essayant de ne pas avoir l’air surpris. Mais il se rendit compte alors que Jamie n’évitait pas la conversation, ni n’évitait de parler de ces choses. Il avait simplement accepté le fait que Roger savait ce qu’il avait subi, et exactement pourquoi il pouvait craindre pour son ami.  «J’aimerais pouvoir venir avec vous, » dit-il. C’était impulsif, mais vrai, et un sourire sincère éclaira le visage de Jamie.

« Moi aussi, _a Smeorach_. Mais les gens d’ici ont besoin de toi, et ils auront encore bien plus besoin de toi si je ne reviens pas.

Roger en vint à souhaiter que Jamie évite certains sujets de temps en temps, mais concéda à contrecœur que les choses devaient être dites maintenant, aussi inconfortables soient-elles. C’est pourquoi il répondit à la question que Jamie n’avait pas posée.

Bien sûr. Je m’en occuperai pour vous. Claire, et Bree et Ian et Rachel et les petits. Et tous vos maudits métayers aussi. Mais je ne trairai pas votre vache, et je ne m’occuperai pas de cette satanée truie, ni de sa progéniture.

Jamie ne rit pas, mais le sourire était toujours là.

C’est un réconfort pour moi, Roger Mac, de savoir que tu seras ici pour faire face à tout ce qui pourrait arriver. Et des choses arriveront.”

“Maintenant, j’ai peur“, déclara Roger, d’un ton aussi léger que possible.

Je sais.” Heureusement, Jamie ne dit plus rien, mais aborda les aspects pratiques.

An Deamhan, Gael peut s’occuper d’elle-même“, assura-t-il à Roger. « Et la petite Frances s’occupera de la vache. Oh… quant à Frances »

Je ne la laisserai épouser personne jusqu’à ce que vous reveniez“, lui assura Roger. “Bien.” Jamie relâcha sa respiration et ses épaules se détendirent. « Ça me rassure. Mais les morts m’ont parlé.» Il surprit le sourcil levé de Roger. « Pas… eh bien, pas seulement… mes propres morts. C’est souvent un réconfort pour moi, si mon Da ou Murtagh ou Ian Mor m’apparaissent. Rarement… ma mère. » Cela le rendit timide ; il détourna les yeux.

Roger fit un petit bruit discret et attendit un moment, puis demanda, “vous avez dit, pas seulement vos propres morts… ?

« Ah.” Jamie se redressa et cala ses pieds solidement dans le sol. “Les autres. Des hommes que j’ai tués. Parfois tués pour certaines raisons. D’autres, au combat. Des inconnus. Des hommes qui… » Il s’interrompit et Roger vit tout son corps se raidir. Jamie détourna les yeux, vers le chemin qui descendait au lac, comme si quelque chose était en train d’arriver.

Le sentiment était si fort que Roger regarda aussi, et fut soulagé de ne voir rien d’autre qu’une petite compagnie de cailles se roulant dans la poussière sous un buisson. “Jack Randall m’est apparu il y a deux nuits.

Extrait n°14 du tome 10 : William et Jamie, une tique dans le dos…

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG 10 avril 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Image publiée par DG en accompagnement de sa publication Facebboj avec la mention suivante [Photo courtesy of the Center for Disease Control.] [Dans lequel Jamie et Willam traversent une étendue de terre sauvage. Je ne vous dis pas où ils vont ni pourquoi. <g> (NB : les éléments entre crochets sont des endroits où j’ajouterai quelque chose, comme une expression particulière en gaélique, plus tard.) Et “crined” n’est pas une faute de frappe ; c’est un mot écossais, qui signifie “rétréci” ou “froissé”.]

Jamie sentit quelque chose ramper sur lui et se frappa violemment les côtes avec une main. La gifle engourdit sa chair un moment, mais à l’instant où la sensation revint, il sentit à nouveau le chatouillement – et à plusieurs endroits à la fois, y compris son – « [Juron gaélique] ! _Earbsa_ !

Il détacha le rabat avant de ses culottes qui tombèrent sur ses jambes, à temps pour attraper la tique remontant vers ses testicules avant qu’elle n’enfonce ses crocs en lui.

Il l’enleva d’un coup d’ongle et remonta le col de sa chemise au-dessus de sa tête.

Ne passe pas par les buissons !” cria-t-il, la tête dans la chemise. “Ils sont infestés de tiques !

Willam dit quelque chose, mais Jamie ne le comprit pas car sa tête était engoncée dans sa lourde chemise de chasse. Sa peau était en feu, à cause de la sueur et de la chasse à la tique.

Il arracha sa chemise et la jeta au loin, se grattant et se giflant le corps. Les oreilles maintenant dégagées, il put entendre ce que dit ensuite Willam. Clairement.

Oh, Seigneur.” Ce n’était pas beaucoup plus qu’un murmure, mais le choc qu’il provoqua glaça Jamie lorsqu’il s’en rendit compte.

Par réflexe, il se pencha, le bras tendu vers sa chemise, mais il était trop tard. Lentement, il se redressa. Une tique courait sur la courbe de sa poitrine, juste au-dessus de la cicatrice du coutelas. Il tendit la main pour l’enlever et vit que ses doigts tremblaient.

Il serra brièvement le poing pour se calmer, puis pencha la tête, enleva trois autres petites saletés sur son cou et ses côtes, puis se gratta soigneusement le cul, juste au cas où, avant de remonter ses pantalons. Son cœur battait à tout rompre et son ventre était noué, mais il n’y avait rien à faire. Il prit une profonde inspiration et parla calmement, sans se retourner.

« En vois-tu d’autres sur mon dos ? » Un silence, puis un soupir. Des bruits de pas derrière lui et une légère sensation de chaleur sur son dos nu.

Oui,” dit Willam. “Elle ne bouge pas, je pense qu’elle est à l’intérieur. Je vais… l’enlever.

Jamie ouvrit la bouche pour dire non, mais se tut. Le fait que Willam voit ses cicatrices de près ne pouvait pas aggraver les choses. Il ferma plutôt les yeux, entendant le glissement d’un couteau qu’on sortait de son fourreau. Puis une grande main se posa sur son épaule, et il sentit le souffle chaud de son fils sur sa nuque, mais il perçut à peine la morsure de la lame ou le chatouillement d’une goutte de sang coulant le long de son dos.

La main quitta son épaule, et à sa grande surprise, le confort de ce contact lui manqua. Ce contact revint un instant plus tard, lorsque Willam pressa un mouchoir sous son omoplate, pour arrêter le saignement. Un instant, et le tissu se souleva, lui chatouillant le dos. Il se sentit soudain apaisé et enfila sa chemise, après l’avoir secouée vigoureusement pour en déloger les éventuelles bestioles.

« _Taing_ », dit-il en se tournant vers Willam. “Tu es sûr que tu n’en as pas sur toi ?Willam haussa les épaules, en prenant soin de ne montrer aucune émotion.

Je le saurai bien assez tôt.

Ils marchèrent sans parler jusqu’à ce que le soleil commence à toucher les arbres de la plus haute crête. Jamie cherchait un endroit décent pour camper, mais Willam fit soudainement un geste, montrant d’un signe de tête un bosquet de chênes broussailleux près du sommet d’une petite butte sur la droite.

Là,” dit-il. “un endroit protégé, nous aurons une bonne vue sur le sentier, et il y a de l’eau qui descend du côté de cet endroit pierreux.

Aye. » Jamie se tourna vers cette direction, en demandant après un moment : « Alors, est-ce que c’est l’armée qui t’a appris la castramétation, ou Lord John ?

Un peu des deux.Willam parlait tranquillement, mais il y avait une pointe de fierté dans sa voix, et Jamie sourit intérieurement.

Ils établirent un campement – une opération rudimentaire n’impliquant rien de plus que de ramasser du bois pour faire un feu, d’aller chercher de l’eau au ruisseau et de trouver des pierres suffisamment plates pour s’asseoir. Ils mangèrent le reste du pain et de la viande froide, et quelques petites pommes farineuses piquées par les morsures d’insectes, et ils burent de l’eau, car il n’y avait rien d’autre.

Ils ne se parlèrent pas, mais pour la première fois il y avait une prise de conscience entre eux. Quelque chose de différent par rapport à leur politesse maladroite habituelle, mais tout aussi maladroite.

_Il veut me demander, mais ne sait pas comment. Je n’ai pas envie de lui dire, mais je le ferai. S’il le demande. _

Alors que l’obscurité s’épaississait, Jamie entendit un son lointain et tourna brusquement la tête. Willam l’avait entendu aussi, un bruissement et du battage en contrebas, et maintenant un chœur de grognements et de bruits gutturaux bruyants qui indiquaient clairement qui étaient les visiteurs.

Il vit Willam tourner la tête, écouter, et tendre la main vers son fusil.

De nuit ?” demanda Jamie. « Il y en a au moins une douzaine. Et si nous en tuions un sans être mis en pièces par les autres, nous en laisserions la plus grande partie aux corbeaux. Tu veux vraiment abattre un sanglier maintenant ?Willam se redressa, mais écoutait toujours les cochons en bas.

Savez-vous s’ils sont capables de voir dans le noir ?

« Je ne pense pas qu’ils se promèneraient maintenant, s’ils ne le pouvaient pas. Mais je ne pense pas que leur vue soit meilleure que la nôtre, tout au plus aussi bonne. Je me suis tenu près d’une de leurs hordes, même pas à  dix mètres – contre le vent, remarque- et ils ne se sont pas aperçus que j’étais là jusqu’à ce que je parte. Il n’y a rien qui cloche avec leurs oreilles, toutes poilues qu’elles soient, et tout ce qui peut dénicher des truffes a un meilleur odorat que moi. »

Willam fit un petit bruit amusé, et ils attendirent, l’oreille dressée, jusqu’à ce que les bruits des cochons sauvages se fondent dans les bruits croissants de la nuit – un vacarme de grillons et de crapauds stridents, ponctué par le chant des oiseaux de nuit et les hululements des hiboux.

« Quand vous viviez à Savannah,” dit brusquement Willam. « Avez-vous rencontré un gentleman nommé Preston ? »

Jamie s’attendait à une question, mais pas à celle-là.

« Non », dit-il, surpris. « Ou du moins je ne pense pas. Qui est-ce ?

« Un… euh… sous-secrétaire très subalterne au Ministère de la Guerre. Avec un intérêt particulier pour le bien-être des prisonniers de guerre britanniques. Nous nous sommes rencontrés lors d’un déjeuner chez le général Prévost, puis plus tard dans la soirée, pour discuter… de choses… plus en détail. »

De choses,” répéta Jamie, prudemment.

Des conditions de vie des prisonniers de guerre, surtout“, déclara Willam, avec un bref geste de la main. « Mais c’est par M. Preston que j’ai découvert que mon père avait été autrefois gouverneur d’une prison en Écosse. Je ne le savais pas. «

_Oh, Jésus_…

Oui,” dit Jamie, et il s’arrêta pour respirer. « Un endroit appelé Ardsmuir. C’est là que j’ai fait connaissance pour la première fois… » Il s’arrêta, se rappelant soudain toute la vérité sur l’affaire. _Est-ce que je lui dis _ça_ ? Oui, je suppose que oui… _

« Oui, eh bien, j’ai rencontré ton père là-bas, c’est vrai – même si je l’avais rencontré quelques années auparavant, tu sais. Pendant le Soulèvement »

Il sentit soudain un picotement dans ses veines à ce souvenir.

Où ?” demanda Willam, d’un ton visiblement curieux.

Dans les Highlands. Mes hommes et moi campions près du col de Carryarick. Nous étions à la recherche de troupes apportant des canons au général Cope. »

Cope. Je ne crois pas me souvenir de ce monsieur…

« Aye, eh bien. Nous… avons démonté ses canons. Il a perdu la bataille. C’était à Prestonpans. »

Malgré le contexte de la situation il avait encore un profond sentiment de plaisir à ce souvenir.

En effet,” dit sèchement Willam. “Je n’avais pas entendu ça non plus.” “Mmphm. C’était ton oncle, sa Grâce, qui était chargé d’amener le canon, et il avait emmené son jeune frère pour lui donner, euh, un avant-goût de l’armée, je suppose. C’était Lord John. » Jeune.

« Quel âge avait-il ?” demanda Willam avec curiosité.

« Pas plus de seize ans. Mais assez courageux pour essayer de me tuer, seul, quand il est tombé sur moi assis près d’un feu avec ma femme. »

Malgré sa conviction que cette conversation n’allait pas bien se terminer, il l’avait commencée et il la finirait, où qu’elle mène.

Il avait seize ans“, répéta Jamie. “Il avait des couilles, mais pas beaucoup de cervelle.

Le visage de Willam se contracta un peu à cette remarque.

Et quel âge aviez-vous, si je puis me permettre ?

« Vingt-quatre ans », répondit Jamie, et ce qu’il ressentit fut si inattendu qu’il se sentit étouffé. Il n’avait pas pensé à cette époque depuis de nombreuses années, il aurait pensé l’avoir oublié, mais non- tout était là en un clin d’œil : le visage de Claire dans la lueur du feu et ses cheveux dansants, sa passion pour elle éclipsant tout, ses hommes à proximité, puis le moment de surprise et de rage instantanée, le fait de frapper un jeune homme à terre, son couteau brillant sur le sol à côté du feu. Et tout le reste, la guerre. La perte, la désolation. La longue mort de son cœur.

« Je lui ai cassé le bras », dit-il brusquement. “Quand il m’a attaqué. Il ne voulait pas parler, quand je lui ai demandé où étaient les troupes britanniques, mais je l’ai piégé pour qu’il le dise. Ensuite, j’ai dit à mes hommes de l’attacher à un arbre où les hommes de son frère le trouveraient… puis nous sommes allés nous occuper du canon. Je n’ai pas revu Sa Seigneurie jusqu’à ce que… » Il haussa les épaules. « Bien des années plus tard. À Ardsmuir. »

Le visage de Willam était clairement visible à la lueur du feu, et Jamie pouvait tout à fait voir comment il analysait avec prudence cette guerre d’intérêts, tandis que le garçon… Seigneur, il a… vingt-trois ans ? Plus vieux que moi quand_…

« Est-ce lui qu’il l’a fait ? » demanda Willam brusquement. “Quoi ?

Willam fit un petit mouvement de la main et hocha la tête dans sa direction. “Votre dos. Lord John vous a-t-il fait ça… »

Jamie ouvrit la bouche pour dire non, car toute sa mémoire était concentrée sur Jack Randall, mais bien sûr…

En partie“, dit-il, et il attrapa sa sacoche par terre, en évitant le regard de Willam. “Pas tant que ça.” “Pourquoi ?

Jamie secoua la tête, pas en signe de refus, mais pour tenter d’organiser ses pensées.

Je l’ai poussé à le faire“, dit-il en se demandant : Qu’est-ce qui m’arrive ? C’est la vérité, mais —

“Pourquoi ” demanda encore Willam, d’un ton plus dur.

Jamie soupira profondément ; cela aurait pu être de l’irritation, mais ce n’était pas le cas ; c’était la résignation.

J’ai enfreint une règle et il m’a fait punir pour cela. Soixante coups de fouet. Il n’avait vraiment pas le choix. »

Willam poussa un profond soupir et c’était de l’irritation.

Vous allez me le dire ou pas“, dit-il, et il se leva, fixant Jamie.

Je veux savoir, mais je ne vais pas vous arracher les mots de la bouche, bon dieu !

Jamie hocha la tête, son sentiment immédiat de soulagement terni par la mémoire. Son dos le démangeait comme si des millions de minuscules pattes lui marchaient dessus, et les minuscules blessures le brûlaient. Il soupira.

« J’ai dit que je te dirais tout ce que tu voulais savoir, et je le ferai. Le gouvernement avait interdit la possession de tartan. Un jeune gars de la prison avait gardé un morceau du tartan de sa famille, pour se consoler – il était peu probable que l’un d’entre nous puisse un jour revoir sa famille. Il a été trouvé, et Lord John a demandé au garçon si c’était le sien. Il – le garçon, je veux dire – n’avait que quatorze ou quinze ans, il était petit et pleurait de froid et de faim. Comme nous tous.

Ce souvenir lui fit tendre les mains vers le feu, pour se réchauffer.

Alors je me suis approché de lui et j’ai pris le morceau d’étoffe et j’ai dit que c’était le mien“, dit-il simplement en terminant.

C’est tout.

 

Extrait n°15 du tome 10 : Histoires de triangles … (William, Amaranthus et Fanny)

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG 28 avril 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

The Lady, or the Tiger? - Wikipedia

« Je n’avais pas réalisé à quel point Frances a grandi », dit Jamie. Je vins à côté de lui, et il fit un signe de tête vers le poulailler, d’où Fanny venait de sortir, à demi accroupie, suivie d’un petit nuage de gravier, de plumes et de coassements d’indignation étouffés. Elle se redressa, ramassa son panier  et je vis alors ce qu’il voulait dire. Le sommet de sa tête encoiffée dépassait désormais sensiblement du linteau.

« Elle est plus grande que moi », dis-je. « De presque 10 centimètres. Je pense qu’elle est même un peu plus grande qu’Amaranthus. » La dame en question remontait le chemin, suivie de William.

Ils se rencontrèrent tous les trois à l’extérieur du jardin – William portait un grand panier de fumier séché, qu’il posa pour s’incliner devant Fanny, et celle-ci hocha gracieusement la tête en retour, mais jeta également un coup d’œil rapide à Amaranthus, dont le visage arborait un sourire léger mais franc.

Ils étaient trop loin pour que nous puissions saisir plus d’un mot ou deux, portés par la brise. Je remarquai cependant avec un certain intérêt que les deux filles s’étaient déplacées imperceptiblement, de sorte que chacune d’elles se trouvait exactement à la même distance de William – et à une distance maximale l’une de l’autre.

« Isocèle », dit Jamie avec intérêt.

« Quoi ? »

« Un triangle isocèle », dit-il en désignant le groupe. « Deux côtés de la même longueur. »  Je vis Fanny dire quelque chose et j’entendis le rire profond de William en réponse. On aurait dit exactement   celui de Jamie et je lui jetai un coup d’œil en souriant. Mais il ne me regardait pas ; son attention était toujours fixée sur le petit groupe près de la porte du jardin. Amaranthus fit un petit pas de côté qui fit onduler sa large jupe, tandis que d’un mouvement tout aussi léger, elle redressa ses épaules — et souleva son buste très fin.

Rien d’aussi anodin que la géométrie“, dis-je. “Je pense plutôt qu’il s’agit de la Dame ou du Tigre.

Quoi ?

Oh. Je suppose que cela n’a pas encore été écrit. C’est un… je suppose que tu appellerais ça une sorte d’énigme, sous la forme d’une histoire. »

Je lui racontai l’essentiel de l’histoire : le jeune homme, condamné, eut le choix entre deux portes : derrière la première, un tigre féroce qui le mettrait en pièces ; derrière la seconde, une belle dame à qui il serait instantanément marié. Et son amante, une princesse jalouse et barbare, qui guidait son choix par signaux. « Je suppose qu’on pourrait aussi appeler ça un triangle », dis-je. « Ou peut-être deux, qu’en penses-tu ? Le jeune homme, le tigre et la dame — ou le jeune homme et les deux femmes. Je suppose que celui-ci est d’un genre de triangle plus classique. »

Mmphm.”

 

Extrait n°16 du tome 10 : La bibliothèque des Mackenzie au Ridge (Roger)

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG 9 mai 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Roger jeta un regard sombre à sa maigre bibliothèque. La bibliothèque familiale, pour ainsi dire – qui comptait désormais trente-trois volumes impressionnants – se trouvait dans le bureau de Jamie à la Nouvelle Maison. Les livres pour enfants étaient là, mais soigneusement cachés dans le grenier, de peur que la vue de « Œufs verts et jambon » et les approximations récentes de Brianna sur « Yertle la Tortue et Horton » ne déclenchent une alarme – “ou peut-être même une apoplexie”, murmura-t-il – parmi sa congrégation. Sa collection personnelle de livres comptait huit volumes à l’heure actuelle.

Il y avait un ancien exemplaire en lambeaux du « Maître Danseur » de John Playford (il devrait probablement le cacher aussi, bien qu’il ne l’ait acheté que pour les chansons populaires qu’il contenait), un livre d’hymnes sans couverture, « les Reliques » de Thomas Percy – un recueil de textes de ballades – deux morceaux de “Clio et Euterpe ou l’Harmonie Britannique », une collection admirée et rare des chansons, cantates, duos et trios anglais et écossais les plus célèbres de John Welcker, publiés au compte-gouttes, et deux Bibles : une grande version du Roi James, tout à fait respectable pour être utilisée à l’église, maintenant qu’on avait spécialement construit  un ambon (pupitre) solide pour la poser, et la petite édition sextodecimo (10×15) verte de Jamie, très usée et tachée, mais toujours intacte. Cette dernière n’appartenait pas aux MacKenzie ; Jamie la lui avait prêtée pour l’utiliser pendant sa tournée.

À côté de la petite Bible verte se trouvait une copie reliée en cuir, très usée mais par ailleurs en parfait état de Quatre-vingts (80) (LXXX) Sermons prêchés par ce savant et révérend divin, John Donne, Docteur en Théologie, feu doyen de l’église cathédrale de St. Paul à Londres. Dédicace à Charles Ier ; La vie et la mort du Dr Donne. Les sermons d’Isaak Walton.

Eh bien, si tu dois en voler, vole les meilleurs“, murmura-t-il. Avec le départ du capitaine Cunningham et de sa mère, il pensait qu’il était peu probable que les autres protestants du Ridge aient la moindre idée de qui était John Donne, et encore moins reconnaissent l’une de ses œuvres… il se demanda brièvement quel genre de sermons Isaak Walton avait écrits ; des méditations sur le miracle des pains et des poissons, peut-être ?

Et de toute façon, je vais devoir le réécrire dans un anglais moderne – enfin, relativement moderne -, “, dit-il à haute voix, comme si l’effort que cela impliquait atténuait la culpabilité du vol intellectuel.

Je me demande si John Dillinger ou Bonnie and Clyde avaient l’impression que braquer des banques avec une arme à feu était moins criminel qu’un détournement de fonds – oh !” Le bruit de pas trébuchant sur le porche le fit se lever. “Bonjour !” dit-il « Entrez, entrez… »

******************************************

En marge de la lecture de cet extrait vous pouvez lire l’excellent article écrit par Claire Doré. Elle a effectué une recherche bibliographique sur l’ensemble des livres de Diana Gabaldon, les Outlander et les Lord John. Un travail HALLUCINANT !!!

J’ai référencé toutes les citations littéraires et bibliques dans le but de mieux comprendre le bagage culturel partagé par les personnages, quelle philosophie, quel code moral motivent leurs actions. Le tout sous la forme des rayonnages de la bibliothèque idéale de Fraser’s Ridge, avec un texte d’introduction.  — Claire Doré

Article à lire ici : https://www.dinna-fash-sassenach.com/fr/bibliotheques.html

patreon outlander addict

Extrait n°17 du tome 10 : Comme ta mère

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé plusieurs fois sur le compte Facebook de DG (le 5 mai 2016 puis le 26 avril 2018 avec le # Tome 9) avant d’être partagé une nouvelle fois le 1er mai 2022 avec le # Tome 10 !

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

« Ta mère t’a-t-elle déjà parlé du rêve que j’ai fait ? Peu de temps après que vous… soyez partis ».

Il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, pour s’assurer que personne n’était à portée de voix.

Non.” Elle le regarda avec un profond intérêt, ses sourcils froncés, et il ne put s’empêcher de lui sourire. « Est-ce que c’était un rêve drôle ? » lui demanda-t-elle.

« Euh, non. Je souriais seulement parce que tu ressemblais tellement à Claire, là-bas. Quand elle essaie de comprendre ce qui ne va pas avec quelqu’un, je veux dire. »

Elle ne rit pas, mais la petite fossette qui se dessinait parfois sur sa joue droite apparut, l’espace d’un instant.

On ne me dit jamais que je ressemble à maman“, dit-elle. “On me rappelle en permanence à quel point je _te_ ressemble.

Oh, tu ressembles souvent à ta mère,” lui assura-t-il. “C’est juste que ce n’est pas une question de cheveux, d’yeux ou de taille. C’est l’expression sur ton visage quand tu touches Jem ou Mandy, ou quand tu parles avec Roger Mac le soir sous le porche, et la lumière de la lune dans tes yeux. »

Sa propre voix était douce et rauque, et il baissa les yeux vers le sol recouvert de plusieurs couches de feuilles mortes, comme des étoiles mourantes sous ses bottes.

« Tu es le portrait de ta mère amoureuse, c’est tout ce que je veux dire. Son portrait craché »

Extrait n°18 du tome 10 : Hal met ses affaires en ordre

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG à l’occasion de la fête du 4 juillet 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Petite phrase qui accompagnait la publication :

Un extrait pour le 4 juillet – Rappelons qu’il y a toujours (au moins) deux camps dans un combat…

pistolets Septembre duel 2 Anglais, dix-huitième siècle ⚔️ Boutique
Source : La boutique des épées

Hal abandonna l’idée de plier proprement son manteau d’uniforme – cela avait l’air assez simple quand son valet le faisait, mais comme pour beaucoup de choses, la pratique comptait évidemment – et il le roula en une sorte de boudin épais, qu’il plia en deux et entassa dans sa besace, ainsi que ses culottes de moleskine, sa cravate propre et ses épaulettes galonnées d’or empilées sur le dessus. Rien d’autre ?

Une chemise, bon sang” dit-il à voix haute, agrippant l’avant de celle qu’il portait. Jurant dans sa barbe, il fouilla dans l’armoire à la recherche d’une chemise à volants propre. Sa recherche aboutit non seulement à la découverte d’une chemise – déjà pliée, elle aussi ! – mais amena également son esprit à se concentrer suffisamment pour lui rappeler qu’il lui fallait des bas, des bottes habillées et… quoi ? Il manquait autre chose… « Oh, le gorgerin, oui. Je ne peux pas oublier ça.

“Ça” était sur sa coiffeuse, comme d’habitude. Il le ramassa, le pesant dans sa main comme il le faisait habituellement avant de le mettre, juste pour le plaisir de le toucher. En vermeil solide et lisse, fait avec beaucoup de grâce, son insigne régimentaire gravé en relief.

Il tendit la main pour le déposer dans la sacoche, mais au lieu de cela, il le mit impulsivement, le rentrant dans la chemise rugueuse qu’il avait enfilée pour le voyage. Étrange que cela ait le même effet sur son esprit que le fait de revêtir une armure aurait pu avoir sur un guerrier d’antan- bien qu’en fait ce soit ça, en toute honnêteté – une armure, comme le dernier symbole d’une cuirasse.

Il prit une profonde inspiration, et trouva ainsi la dernière once de courage dont il avait besoin. Il ferma le rabat de la sacoche, la posa avec l’autre près de la porte, et s’assit à son bureau pour écrire à sa femme.

« J ‘avais espéré te surprendre avec un retour anticipé en Angleterre, mais les choses se sont passées différemment ici. Ben est vivant, mais j’oublie que tu ne sais probablement pas qu’il était censé être mort. Il ne l’est pas. Il a retourné sa veste, cependant, et je dois aller » …Il s’interrompit et regarda la page, tournant la plume entre ses doigts.

Et quoi ?” dit-il à voix haute. « Faire des reproches à Ben ? Le kidnapper ? Le tuer ? »

« Dieu seul sait », murmura-t-il, et il écrivit : « réparer les choses. Je t’aime.

Il hésita un instant, se demandant s’il fallait ajouter “fais-moi confiance“, mais ne le fit pas, au lieu de cela, il plia, scella et tamponna la lettre. Il écrivit « Sa Grâce la Duchesse de Pardloe » en guise d’adresse, puis la posa sur la pile de courrier pour que l’un de ses aides de camp l’emporte.

Son estomac grogna ; il n’avait encore rien mangé aujourd’hui, il n’avait pas eu faim avant. Il jeta un coup d’œil à l’étui en cuir posé sur le bureau, et la sensation de faim disparut. Il savait que tout était en ordre, mais ouvrit quand même le boîtier, ne pouvant pas s’empêcher de vérifier une fois de plus. La paire de pistolets de duel brillait sombrement dans leurs étuis en laine d’agneau, se faisant face comme les hommes qui les tiendraient.

Extrait n°19 du tome 10 : Fanny et William “Je ne suis pas une petite fille”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 10 août 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Feuille de tabac –  Image : University of Kentucky Extension

[Où William se rend à l’écurie de Fraser’s Ridge pour chercher son cheval, avant de partir avec Jamie dans leur quête pour retrouver Lord John, et se trouve face à Fanny, qui est déjà en train de préparer son cheval pour le voyage.]

 Légèrement surpris, William se pencha néanmoins courtoisement vers elle, la faisant reculer.

Pas sur la joue,” dit-elle. Elle semblait légèrement essoufflée, mais déterminée. “Je ne suis pas une petite fille.

Il se rendit compte, avec une étrange sensation qui lui parcourut l’échine, qu’elle ne l’était pas. Il lui prit la main et s’inclina.

Mes excuses, Mlle Pocock.” Sa main était chaude dans la sienne, et étonnamment plus grande que ce à quoi il s’était attendu. Ses doigts étaient longs, souples et d’une belle forme – et elle les tourna, pour saisir les siens dans sa main.

Et je ne veux pas ça non plus.

Il s’était redressé, surpris, mais ne retira pas – encore – sa main. “J’ai déjà embrassé des hommes, vous savez,” dit-elle.

Qui ?” demanda-t-il, pas du tout sûr de vouloir le savoir, mais incapable de ne pas demander.

J’embrasse des hommes depuis que j’ai cinq ans“, dit-elle avec audace, et il réalisa soudain que si Jane avait sauvé sa sœur du viol et de la souillure, il y avait d’autres services qu’une très jeune fille pourrait être tenue de rendre dans un bordel.

Il cacha sa stupeur, cependant, et lui demanda d’un ton léger : « Oh ? Qu’en est-il du grand type écossais qui ne cesse de rôder en me lançant des regards assassins ? N’a-t-il pas essayé de vous embrasser ?

Cyrus ne peut pas se cacher“, dit-elle, sans s’offenser. « Il est beaucoup trop grand. Il n’a pas eu besoin de demander. Et vous devriez être content qu’il ne fasse que vous regarder méchamment. C’est un Highlander et un pêcheur et il ne vous a pas encore frappé parce que je lui ai dit de ne pas le faire.

« J’apprécie votre indulgence, Frances“, dit-il gravement. Et moins gravement, il retira sa main de la sienne, souleva son menton d’un index, se pencha à nouveau et l’embrassa légèrement sur les lèvres.

Cela ne dura pas plus d’une seconde ou deux, mais suffisamment longtemps pour laisser une sensation de douceur et de chaleur.

« Au revoir, Frances », dit-il en regardant ses yeux de la douce couleur du brun-ambré d’un tabac à moitié sec. “Je vous reverrai.”

Il ramassa ses sacoches, prit la bride [du cheval] et l’emmena vers la lumière du jour.

Cependant, lorsqu’il arriva à la porte de la grange, il se retourna un instant.

Pourquoi avez-vous fait ça ?” demanda-t-il. Elle se tenait très droite dans l’ombre, l’étrille à la main, et ses yeux le fixant toujours.

« Au cas où vous ne reviendriez pas », dit-elle. “Souvent, les gens ne reviennent pas ».

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Extrait n°20 du tome 10 : Jamie et William “Mon garçon”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 4 septembre 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

[William discute avec Jamie dans le bureau de Jamie, exprimant une certaine surprise quant au fait qu’il ait choisi Roger pour défendre le Ridge pendant que Jamie sera parti, à une époque si controversée (il a entendu parler par Ian de ce qui s’est passé à la fameuse soirée de la Loge (maçonnique).]

« Je ne peux pas dire que je connais bien le Révérend Mackenzie, mais il est clairement un un homme de Dieu. Vous êtes sûr qu’il est capable de gérer » Il fit un signe de la main vers la fenêtre étroite au-dessus des étagères soignées, indiquant le Ridge ensoleillé à l’extérieur, avec l’ensemble de ses fermiers, ses cultures, ses serviteurs, ses animaux….

Fraser lui lança un regard légèrement amusé.

« Oui, eh bien. Au moins, la plupart des fermiers ne penseront pas qu’il est susceptible de rassembler quelques hommes et de venir la nuit mettre le feu à leur maison ou les pendre dans leur propre cour. »

« Et ils pensent que vous le feriez ? » lâcha William.

Ils ne sont pas sûrs que je ne le ferais pas“, répondit Jamie sans détour. “Tu sais que c’est une maison nouvellement construite ?” Il leva le menton, désignant les poutres massives du plafond, en bois brut et encore vert, avec de petites perles odorantes de sève suintante à moitié séchée le long des bords. William le regarda.

« Remarque, ce ne sont pas les résidents qui ont mis le feu à la précédente. C’étaient les voisins – de Brownsville – qui nous ont traînés, moi et ma femme, hors de notre maison et ont essayé de la pendre et de m’expulser vers l’Écosse. Mais c’étaient certains de mes propres fermiers qui ont essayé de me tuer plus tard – à la Loge, rien de moins »

Il s’arrêta brusquement, regarda William, puis tapota du doigt le bureau ; avec décontraction, mais en formant un dessin visible.

Non ” répondit William. Papa lui avait expliqué ce qu’était la Franc-Maçonnerie, mais ne lui avait jamais proposé d’adhérer à une Loge, et il n’en avait pas ressenti le désir.

Fraser hocha la tête et continua.

« Ça ne remonte qu’à l’année dernière, tu sais. Je me suis occupé du problème et il n’y a plus eu de soucis depuis. J’ai laissé certains d’entre eux revenir, pour le bien de leurs femmes et de leurs familles – et parce qu’Harriett McIlhenny m’a fait chanter, la vieille carne – mais ceux qui ont quitté le Ridge sont probablement encore en vie et m’en gardent une rancune tenace. »

« Pourquoi diable voulaient-ils vous tuer ? » demanda William, parce que c’était la seule question simple à laquelle il pouvait penser. Sa tête ne tournait pas vraiment, mais il pouvait entendre le sang battre à ses oreilles.

Fraser le regarda pensivement et ses doigts tambourinèrent doucement sur la table – bien que ce soit évidemment un moyen de mieux réfléchir plutôt qu’une identification maçonnique.

« Mon garçon, dit-il finalement, je suis un Highlander et un papiste. Et un rebelle, par deux fois. Je sais que tu le sais, mais tu ne sais peut-être pas qu’il y a des gens – et pas tous des Anglais – pour qui mon existence est une offense mortelle.Un épais sourcil rouge se releva. “Tu aurais peut-être pu choisir un allié plus sûr.

Seigneur. Et Mère Claire est peut-être aussi en danger à cause de vous ? »

Curieusement, cela fit rire Fraser.

Non, mon garçon,” dit-il en secouant la tête. « Elle peut gérer ça à sa façon. Elle est connue dans tout ce coin du pays – et bien au-delà – comme une guérisseuse. Et pour certaines personnes, une guérisseuse qui peut plonger les gens dans un profond sommeil, ou pénétrer en eux pour guérir leurs maux, est clairement une sorcière, et tu sais ce que dit la Bible à ce sujet. »

« Quoi vous voulez dire : « Tu ne laisseras pas vivre une sorcière » ?

Oui, ça.Fraser haussa de nouveau un sourcil. « T’a-t-on enseigné la Bible ? Je sais que ni Lord John ni son frère ne sont ce qu’on appellerait des hommes pieux. »

Ce sont des soldats“, dit brièvement William.

Moi aussi, mon garçon,” dit doucement Fraser. “Et toi aussi.” Il s’arrêta, cependant, et se pencha un peu en arrière, regardant William d’un air pensif.

Tu n’aimes pas quand je t’appelle « mon garçon », n’est-ce pas ? Dois-je t’appeler William ? Ou M. Ransom ?”  Ses lèvres se contractèrent, mais le nœud entre les omoplates de William se détendit légèrement.

William fera l’affaire.” Il était – depuis des semaines – bien trop conscient de la dernière fois où il avait été obligé de demander de l’aide à James Fraser. Furieux de sa propre impuissance lorsque Fraser avait trahi – pensait-il – son hésitation à sa demande, il avait lancé : « Ne vous embêtez pas, je le ferai moi-même !

Ce à quoi Fraser avait répondu sans détour : « Si tu pensais pouvoir le faire, mon garçon, tu ne serais jamais venu vers moi. »

Cette évaluation objective l’avait ravagé à l’époque – elle le ravageait toujours maintenant. Mais Fraser avait eu raison à l’époque, et il avait raison maintenant, bien que suffisamment courtois pour ne pas le mentionner.

William ne pouvait qu’espérer que les choses se termineraient mieux, cette fois.

[Fin de la section]

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[Petite note de l’écrivain : pour les gens intéressés par la technique, cette scène présente des choses secondaires que nous devons savoir (qui va s’occuper du Ridge pendant que Jamie et William poursuivent leur quête, et quel est l’état des choses sur le Ridge à ce stade) – mais c’est aussi un exemple de ce que j’appelle le tissage « Jacquard » ; reprendre de petits brins d’histoires précédentes qui informeront à la fois les lecteurs qui n’ont pas lu (ou ont oublié) un livre précédent, et pour récapituler les détails que je veux que les lecteurs actuels gardent à l’esprit à mesure que nous avançons. Mais ce que cet extrait fait à un niveau plus ouvert, c’est établir la relation provisoire et évolutive entre Jamie et William, dont les deux personnalités apparaissent assez clairement ici – celle de Jamie, parce qu’il se révèle délibérément à William, et celle de William, parce que nous lisons l’extrait de son point de vue.]

Extrait n°21 : Jamie et William “Camouflage”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 20 septembre 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Ancienne boîte médicale en bois | Image de Wikimedia Commons, partagée par Diana Gabaldon

[Remarques de Diana Gabaldon : ce n’est PAS le début du livre. Et (note historique), le mot «camouflage » n’apparait qu’au début du 19e siècle, c’est pourquoi William ne le connaît pas. Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de spoilers là-dedans, mais je laisse cela à votre propre appréciation.]

******************

 À la grande surprise de William, Fraser apparut au moment du départ vêtu d’un plaid délavé aux bords usés, porté avec une chemise de chasse souillée d’anciennes taches de sang et une ceinture d’où pendaient un assortiment d’armes et un petit sac en peau de chèvre dont l’usage était un mystère. Des bas tricotés à la main ainsi qu’une boîte de cartouches portée en bandoulière complétaient l’ensemble.

Camouflage“, dit Fraser avec un haussement d’épaules, en réponse au regard de William.

Quoi ?” “Oh.Fraser fut clairement désarçonné l’espace d’un instant et son visage refléta une série de pensées extraordinairement rapides et mystérieuses.

« C’est, ah… ça vient du français, je pense. _Camouflet_, tu connais ce mot ? » “Non, je ne le connais pas. Qu’est-ce que ça veut dire ?

« Oui, eh bien, _camouflet_ c’est une bouffée de fumée qu’on souffle au visage de quelqu’un. Le camouflage signifie simplement que tu ne veux pas que les gens remarquent qui tu es ou qu’ils s’interrogent sur tes intentions.

« Et… c’est du camouflage, ça ?» demanda William avec scepticisme, en désignant le kilt de Fraser. “Vous ressemblez à un bandit.

Fraser sourit.

Oui. Et que ferais-tu si tu rencontrais un bandit sur la route ? Tu l’arrêterais pour te mêler de ses affaires ?”

« Je comprends votre raisonnement.

Alors qu’il prononçait ces mots, il ressentit soudain un étrange malaise et une froideur dans la mâchoire. Le sourire de Fraser se transforma en un regard légèrement inquiet.

Qu’est-ce qu’il y a, mon garçon, tu ne te sens pas bien ?

Je… non,” répondit brusquement William. “Je vais bien. Et, si je peux me permettre, que suis-je censé être, si on vous prend pour un bandit ? Votre complice ?

« Si nécessaire, » dit Fraser, « mais je suppose que tu pourrais être mon prisonnier, en cas de besoin. Il y a de la corde dans mes sacoches. »

« Seigneur », marmonna William, et Fraser éclata de rire. L’homme était sacrément de bonne humeur, pour quelqu’un arraché à son foyer et à sa maison pour se lancer dans ce que l’on pourrait légitimement appeler une aventure insensée.

D’un autre côté, réfléchit-il, peut-être qu’il est content de s’éloigner de ses métayers…

Mère Claire apparut à ce moment-là, avec plusieurs paquets dans les bras.  Frances était derrière elle, tout aussi chargée.

« De la nourriture pour la journée », dit Mère Claire en tendant à son mari un sac en tissu qui sentait bon le fromage, la charcuterie et les fruits secs. “De la nourriture pour demain“, et elle tendit à William un sac similaire. “Et après ça, vous vous débrouillez pour vous nourrir.

Qu’est-ce que c’est, ça ?” » demanda William alors que Claire lui tendait un paquet enveloppé de tissu qui ne sentait pas la nourriture.

« Des bandages », répondit-elle brièvement en lui tendant une petite boîte en bois. “Et des médicaments contre la diarrhée et la constipation.

« Ah. Je suis sûr que tout cela sera utile », dit-il en mettant délicatement les articles médicaux dans son havresac.

J’espère vraiment que non“, dit-elle en lui lançant un regard sombre. “Mais je connais ton père depuis trop longtemps pour me faire des illusions.”

Et la boisson ?” l’interrompit Fraser, avec un air que même William pouvait interpréter comme de la fausse innocence.

Juste ici“, dit Frances avec le triomphe modeste, et elle lui tendit deux sacs semblables, qui s’entrechoquaient en se balançant.

Elle croisa le regard de William avec un visage impassible – aucun signe de ce qui s’était passé dans l’écurie une demi-heure auparavant.

Le scrupule le parcourut une fois de plus, mais cette fois il savait de quoi il s’agissait. Jane. Se tenant juste derrière son épaule. « Je comprends ce que tu veux me dire », lui avait-il dit un jour.

« Eh bien, ça change », avait-elle répondu. “C’est généralement le contraire.

Au revoir, Frances“, dit-il brusquement, et il se retourna pour monter à cheval, prenant bien soin de ne pas regarder Fraser faire ses adieux à sa femme.

********

Découvrez la suite de cet extrait

Diana Gabaldon lit un passage inédit du tome 10 d’Outlander lors de son passage à Yorktown en septembre 2023



 

Extrait n°22 du tome 10 : Toute la famille au petit déjeuner “Oncle William”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 30 septembre 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Note de Diana : Le bol à raser en laiton de style apothicaire fait partie de l’assortiment de bibelots de mon bureau (tout comme le joli écritoire/encrier en arrière-plan, réalisé par Hester Bateman, un orfèvre très talentueux du XVIIIe siècle).

William se lava le visage – il râpait comme du chaume, mais cela ne servait à rien d’essayer de se raser sans miroir ni savon – et il descendit les escaliers.

L’odeur de la nourriture lui parvint en haut des escaliers et l’attira au rez-de-chaussée comme un moustique flairant voracement le sang.

Et ce qui était bien, réalisa-t-il en entrant dans la cuisine, c’est qu’il avait tellement faim qu’il ne s’était pas même demandé comment il serait accueilli. En fait, tandis que tout le monde à table se tournait pour le regarder, tous les visages arborèrent des sourires, qu’ils soient timides ou larges, et il s’inclina devant eux, leur souriant en retour.

« Bonjour », dit-il, et la plus petite fille – Amanda, c’était son nom – gloussa de rire et pointa sa cuillère vers lui. “Ta barbe ressemble à celle de grand-père !

Une vague d’amusement étouffé parcourut la table, mais avant qu’il ait eu le temps de penser à quelque chose à répondre, Mère Claire se leva et le prit par la manche, lui montrant une place sur le banc à côté de Frances, qui le regarda, l’air pudique.

J’espère que vous avez bien dormi ?” dit-elle. Ses joues étaient roses, mais elle le regarda droit dans les yeux, et il eut un choc ; ses yeux ressemblaient beaucoup à ceux de Jane.

« Merveilleusement bien, je te remercie », lui assura-t-il. Un plat apparut devant lui, rempli de pain grillé et de bacon, et le frère d’Amanda,  –James ? Non, Jeremiah, Jem, c’était ça – un grand garçon aux cheveux roux, maigre comme un clou – poussa un pot de confiture de fraises sur la table.

« Comment l’appelons-nous ? » demanda le garçon en se tournant vers son grand-père. “Oncle Billy ?William s’étrangla légèrement avec la gorgée de bière qu’il venait de boire. Frances, Claire et les trois petites filles gloussèrent toutes de rire, et il pensa que Fraser aurait pu en faire autant s’il avait été capable d’émettre un tel son.

En l’occurrence, Fraser garda un visage relativement impassible et répondit : « Non, sauf s’il vous le demande. » “En attendant, vous pouvez l’appeler M. Ransom, d’accord ?

William s’éclaircit la gorge.

« Tu peux m’appeler William pour le moment, si tu veux », dit-il à Jem. “Je me suis encore peu exercé au rôle d’oncle.

« N’embêtez pas votre oncle », dit Mère Claire en posant devant William un plat de succulentes saucisses luisantes, sentant la sauge et l’oignon. “Laissez-le manger.”

Il mangea comme un loup vorace, écoutant la conversation d’une oreille, mais ne faisant aucun effort pour s’y joindre.

Sa tasse était remplie – et encore remplie – de très bonne bière, et il termina le repas repu – enfin, gavé comme une oie – et se demandant s’il ne pourrait pas aller trouver un arbre sous lequel dormir un peu.

« Je vais parcourir le Ridge aujourd’hui pour m’occuper de mes métayers », lui dit Fraser en époussetant les miettes de ses genoux. Il tendit un morceau de pain grillé au gros chien de chasse au pelage bleuté qui attendait patiemment à ses pieds et se leva.

Veux-tu venir avec moi ?

« Je oui. Je suppose que oui » répondit William, surpris par l’invitation. Il se souvenait de Mac, le palefrenier, disant « faire le ménage », à propos de l’entretien et de l’alimentation des chevaux, mais il supposait que Fraser voulait simplement dire qu’il allait avertir ses fermiers qu’il serait absent pendant un certain temps et qu’il organisait le paiement des loyers en conséquence.

Fraser approuva.

« Très bien. Je dirai que tu es mon fils, même si la plupart d’entre eux le savent déjà, après hier. » Il haussa un sourcil interrogateur. Est-ce que cela convenait à William ?

Cela lui mit un coup à l’estomac, mais il répondit en approuvant :  “Bien sûr. Puis-je prendre le temps de me raser ?

« Oui. Utilise le savon et la bassine dans ma chambre. C’est celle de devant, sur la gauche quand tu es en haut des escaliers. »

La chambre était grande et agréable, la fenêtre ouverte pour laisser passer l’air, mais recouverte de mousseline pour empêcher les insectes d’entrer, et la lumière diffuse donnait à la pièce une atmosphère agréable et calme, comme si on était à l’intérieur d’un nuage, malgré le vacarme sourd de la cuisine en contrebas.

William respirait à peine, conscient de l’odeur inconnue et intime de la pièce. Le lit n’était pas encore fait et, même si les draps rejetés étaient propres, ils sentaient l’odeur de musc légère mais perturbante des corps qui venaient d’y dormir.

Si l’intimité de la chambre des Fraser était dérangeante, l’intimité de l’utilisation du savon à raser de M. Fraser l’était davantage. C’était du savon de Castille blanc et doux,  il sentait l’huile d’olive, mais aussi la coriandre et ce qu’il pensait être de la marjolaine, et… est-ce que ça pouvait être de la feuille de géranium ? Il n’avait pas vu ni senti un géranium depuis qu’il avait quitté l’Angleterre, et cela lui procura un bref sentiment de déracinement, un souvenir très vif de la serre de sa tante Minnie, parfumée de fleurs étrangères et d’une avalanche de verdure exotique.

Cette pensée le fit se sentir plus à l’aise avec lui-même. Peu importe ce que l’avenir lui réservait, il avait toujours un passé et un présent, et ceux-ci devaient lui suffire pour lui permettre de faire face à ce qui pourrait arriver.

Rafraîchi et rasé de près, il descendit, prêt à voir exactement ce que pourrait impliquer de « faire le ménage ».

 [Fin de la section]

[Remerciement : L’image du savon à raser blanc de Castille (tel qu’utilisé au XVIIIe siècle) provient de https://www.worldturndupsidedown.com/…/18th-century…  Un site très intéressant et divertissant sur la vie au XVIIIe siècle !]

Extrait n°23 : Jamie et Claire “Les Trois Mousquetaires”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 25 octobre 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

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Le début de l’extrait avait déjà été partagé courant 2022 par Diana Gabaldon. Il s’agit des extraits n°2 et n°5 traduits sur cette page. Pour vous éviter une lecture morcelée, je copie ici ces traductions avec le texte en bleu. Ce qui est inédit est à la suite, en noir. Bonne lecture ! ➰Aurélie ➰

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A quoi tu penses ?”  Je demandai.  “Je sais que c’est à propos de William.

Oh, aye ?”  Il me regarda, la bouche retroussés d’un côté.  “Et je ressemble à quoi quand je pense à William ?

A quelqu’un qui a reçu un paquet fermé et qui ne sait pas s’il contient quelque chose de merveilleux ou une bombe.

Cela le fit rire, et il mit un bras autour de moi et m’attira contre lui, m’embrassant sur la tempe.  Il sentait le lin usagé, l’encre et le foin, et le miel qui avait séché sur le devant de sa chemise, comme de petites perles d’ambre.

Oui, eh bien, il suffit de regarder ce garçon pour savoir qu’il va exploser dans peu de temps“, dit-il.  “J’espère seulement qu’il ne se blessera pas en le faisant.

Ou toi.

Il haussa doucement les épaules.

On ne peut pas dire que je sois fragile, Sassenach.

…Dit l’homme qui a quatre, non, cinq trous de balles dans sa peau, sans parler du nombre de points de suture qui suffiraient à faire un édredon entier.  Et si on se met à compter les os que tu t’es fêlé ou cassé…

Ach, pas du tout, je n’ai jamais rien cassé de significatif, juste un doigt de temps en temps.  Peut-être une côte, ici ou là.

Et aussi ton sternum et ta rotule gauche.

Il fit un bruit écossais désapprobateur, mais ne discuta pas.

Nous restâmes un moment, dans les bras l’un de l’autre, à écouter les bruits de l’extérieur.  Les plus jeunes enfants s’étaient endormis sous les buissons ou dans les chariots de leurs parents, leurs cris joyeux remplacés par la musique et les rires des danseurs, les applaudissements et les cris de ceux qui regardaient.

Il est venu à moi“, dit Jamie tranquillement.  Il essayait d’être pragmatique, mais il avait cessé d’essayer de cacher ce qu’il ressentait.

Il est venu“, dis-je doucement, et je lui pressai le bras.

Je suppose qu’il n’avait personne d’autre vers qui se tourner“, dit-il, d’un air détaché.  “S’il n’est pas parvenu à trouver sa Grâce*, je veux dire, … il ne pouvait pas vraiment parler à quelqu’un dans l’armée, n’est-ce pas ?  Etant donné que …”  Il s’arrêta, une pensée l’ayant frappé, et se tourna vers moi.(*NdlT : sa Grâce, c’est ainsi qu’est parfois nommé le Duc de Pardloe, Hal, le frère de Lord John.)

Tu crois qu’il sait, Sassenach ?

Qu’il sait quoi ?

A propos de ce qu’il a dit.  La… menace envers Lord John.  Je veux dire…” il poursuivit, voyant mon regard sans expression, “est-ce qu’il sait que ce n’est pas juste du bluff.

A-oh.”  Je réfléchis un instant, puis je remuai la tête avec conviction.  “Non. Pratiquement sûre que non.  Tu as vu son visage quand il nous a parlé de la menace de Richardson.   Il aurait quand même eu peur – peut-être même plus – s’il avait su que ce n’était pas une menace en l’air, mais il n’aurait pas eu cet air.”

Anxieux ?  En colère ?

Les deux.  Mais n’importe qui le serait, n’est-ce pas ?  Vu les circonstances.

Tu as raison.  Et… déterminé, dirais-tu ?

Têtu“, répondis-je sans hésiter, et il se mit à rire.

Une bombe pour sûr, dans ce cas.

L’air s’était refroidi avec le coucher du soleil.  Il faisait maintenant nuit noire et la montagne semblait respirer, il y avait une douce sensation de printemps avec un air empli de fleurs de nuit et de résine d’arbres endormis.   Ce serait différent sur la côte.  L’air serait toujours frais, mais chargé d’odeurs de poissons et d’algues, de goudron, de bois et du goût du sel partout.

Je vivrais peut-être une autre nuit en montagne semblable à celle-ci, peut-être deux ou trois, mais pas davantage.  Je respirai profondément, bien décidée à en profiter.

Quand ?” demandai-je.

Si ça ne tenait qu’à William, nous serions déjà partis“, dit Jamie en m’attirant contre lui.  ” Je lui ai dit que je devais réfléchir, mais qu’entre-temps, les préparatifs seraient faits ; il n’y aura pas de perte de temps “. Il jeta un coup d’œil vers la fenêtre.   “Avec un peu de chance, Brianna et Roger Mac ont déjà réussi à le saouler ; il peut ainsi dormir sur ses deux oreilles.  Il sait qu’il est en sécurité “, ajouta-t-il, doucement.  “Je l’espère, du moins.

Je suis sûre qu’il le sait“, dis-je, avec douceur également, et je lui caressai le dos et ses cicatrices invisibles sous sa chemise.  Ses enfants, ses petits-enfants.  Même si ce n’était que pour un moment, ici, ensemble, dans la maison qu’il avait bâtie.

Il y eut une pause dans la musique, mais l’air était encore envahi de conversations et de rires.  Cela cessa bientôt, et il y eut quelques instants de silence avant que le son léger d’une guitare ne s’élève du feu de joie au loin.  Puis deux voix, une rauque et une douce, se mêlant dans une chanson.

“The Sword Dance” by David Cunliffe, 1853. Public domain, posted on Wikimedia.

🎵 Are you going to Scarborough Fair ? 🎵  Parsley, sage, rosemary and thyme… 🎵

Mon cœur se serra et ma gorge aussi.  Je n’avais jamais entendu Bree et Roger chanter ensemble.  Ils avaient certainement dû le faire avant, en privé, probablement dans le but de stimuler la voix de Roger.

Nous restâmes en silence jusqu’à la fin de la chanson, écoutant la magie.  Je levai les yeux vers le visage de Jamie, doux à la lueur des bougies, son regard au loin.  Il n’entendait pas la musique en tant que telle, mais je savais qu’il ressentait quand même la chanson.

Alors que la chanson se terminait dans un tonnerre de cris et d’applaudissements, il s’éclaircit la gorge et attrapa une tasse d’eau sur la table de toilette.

« Je ne savais pas lequel prendre, » dit-il après avoir bu. « Roger Mac ou Ian, je veux dire. Mais il faudra que ce soit Ian ; on a besoin de Roger Mac ici. »  

Je hochai la tête.

« Toi, William et Ian. Les foutus Trois Mousquetaires, n’est-ce pas ? »  dis-je en essayant d’expliquer ma référence. – « Qui suis-je donc, d’Artagnan ? Qui est d’Artagnan ? “

Il me lança le genre de regard méfiant « c’est quoi encore ? » qui était sa réponse à la plupart des observations aléatoires faites par les voyageurs temporels de sa famille.

Je l’éclairai, en terminant par « Un pour tous et tous pour un ! », brandissant ma brosse à cheveux comme une épée.

Il me regarda.

Tu ne penses pas que ce soit romantique ?” Je baissai mon arme.

« Cela semble être un bon moyen de se faire tuer. Toute aventure a besoin d’un chef, n’est-ce pas ? Et tu ne nous accompagneras pas », conclut-il fermement.  “Le Ridge a autant besoin de toi que de Roger Mac, et tu le sais parfaitement.”

Je reculai un peu et mon regard descendit sur son corps, de la tête aux pieds, en s’attardant sur son genou gauche, puis remonta.

« Oui, je le sais » dis-je. « Mais tu as davantage besoin de moi, et tu le sais parfaitement bien. De plus, il y a Lord John. Dieu sait ce qu’il aura subi d’ici le moment où vous le sauverez. La liberté ne lui fera pas grand bien, pas plus qu’à William, s’il vous claque entre les doigts, tu ne crois pas ? »

[Fin de la section]

Extrait n°24 du tome 10 : Jamie et William “Ils sont partis”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 14 novembre 2023

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

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Note introduction de Diana :

Quelqu’un sur un autre site a posé des questions sur le problème récurrent de l’écrivain : comment montrer/gérer l’émotion.

Par hasard, je venais justement d’écrire ce passage (avec beaucoup de texte le complétant) et j’ai pensé que cela pourrait être un bon exemple assez bref.

Voici donc l’extrait, accompagné à la fin de la note de l’écrivain expliquant la technique d’écriture, pour ceux que cela intéresse.

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William était silencieux, tendant l’oreille, tandis qu’il essuyait lentement la suie de ses doigts :  les feuilles et les fruits des pommiers avaient échappé au feu, mais pas les nuages de fumée qui avaient dû sortir de la cabane en feu.

« Qui avait vécu ici ? » se demanda-t-il. Était-ce pendant la nuit que l’endroit s’était embrasé à cause d’une étincelle imprudente provenant de la cheminée ? Ou peut-être un accident de cuisine, où le tablier de la femme de la maison avait pris feu et, dans sa panique, elle l’avait jeté sur quelque chose d’inflammable ?

Il errait dans la coque vide de la maison, respirant l’air épais à petites gorgées. Il y avait un jardin à l’arrière, les pousses vert tendre piétinées et brûlées, noircies par la suie, comme les pommes. Au bout d’un moment, Fraser émergea des arbres, un tissu sale à la main qui s’avéra être le tablier que William avait imaginé, un calicot parsemé de fleurs roses. Il était abondamment taché, mais pas par la suie ni par les morceaux de charbon de bois – il connaissait la couleur rouille des taches de sang séché, et un frisson parcourut sa colonne vertébrale lorsqu’il la reconnut. « Ils sont partis », dit Fraser en pliant le vêtement.  « Les gens qui vivaient ici ? »

« Non, ils sont toujours là. Dans la forêt. Les hommes qui les ont tués sont partis. Ou du moins je l’espère », ajouta-t-il.

Je… Oui,” dit William. Ses lèvres devinrent soudainement froides et une boule énorme se forma dans son estomac.

Faute de pelle, le mieux qu’ils pouvaient faire était de disposer les restes – des animaux étaient venus – aussi décemment que possible, et de les recouvrir de pierres. Un homme et deux jeunes garçons.

« Ils auront pris la femme », dit Fraser, la voix sombre. “Et les filles, s’il y en avait.” Un flot de salive remonta le long de la gorge de William. Il cracha à plusieurs reprises, de peur de vomir.

C’est…” Il s’arrêta, déglutissant difficilement. « Pouvons-nous… les suivre ? Peut-être la – les ramener ? »

Fraser secoua la tête.

« Les os sont à nu et secs, les corbeaux ont pris les yeux et les morceaux mous. Et l’air pue toujours, mais les cendres de la maison sont froides comme de la pierre. Ils sont morts depuis quelques jours, une semaine peut-être. Et si les criminels ont emmené la femme pour en abuser, elle est probablement morte aussi maintenant. »

Il baissa les yeux sur le tablier taché de sang dans ses mains, comme s’il le remarquait soudain. Il hésita un instant, puis enroula les attaches autour du vêtement plié et le glissa dans sa sacoche. “Si nous rencontrons quelqu’un sur la route, ou dans une autre maison, peut-être qu’il le reconnaîtra“, déclara-t-il. “Nous aurions au moins un nom pour la famille.

William hocha la tête et monta sur son cheval, même si, à sa grande surprise, ses mains tremblaient, et il eut un instant du mal à tenir les rênes.

Fraser monta également sur son cheval, mais s’arrêta un instant, les rênes à la main. « Bienheureux Archange Michel, dit-il, défends-nous dans la bataille. » Cela n’était pas dit avec une voix particulièrement forte, mais de la manière dont on pourrait parler, face à quelqu’un que l’on respecte, et William cligna des yeux.

« Sois notre protection contre la ruse et les pièges du diable ; nous prions humblement pour que Dieu le blâme ; et toi, ô Prince de l’Armée Céleste, par la puissance de Dieu, jette Satan en enfer, ainsi que tous les esprits du mal qui rôdent dans le monde, cherchant la ruine des âmes. Amen.

Il jeta un coup d’œil à William, qui réussit à lui répondre rapidement : “Amen !“, même si la prière elle-même lui hérissait les poils de la nuque, et il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil en arrière alors qu’ils s’éloignaient, la ruine de la petite maison se dressant dans le calme et terrifiant verger sous le soleil paisible.

Quelqu’un devrait jeter en enfer les hommes qui avaient fait cela, pensa-t-il. [Fin de la section]

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Note de l’écrivain :

OK, quelqu’un sur un autre site demandait comment montrer (plutôt que d’expliquer) l’émotion lors de l’écriture.

Eh bien, pour commencer, vous pourriez avoir plus d’une intention en matière d’émotion :

  1. a) démontrer/indiquer l’état émotionnel d’un personnage et/ou
  2. b) faire partager cet état au lecteur.

 Je fais plusieurs choses différentes dans cet extrait :

D’abord, nous avons une scène véritablement bouleversante : il se passe/s’est passé ici quelque chose qui pourrait susciter une forte émotion. Autrement dit, l’émotion doit avoir une base réelle ; c’est le contexte émotionnel de la scène auquel les personnages réagissent. Deuxièmement, je laisse le lecteur voir et vivre la scène à travers les observations et les réactions de William (il est le personnage avec le point de vue de cette scène ; tout est raconté de son point de vue).

Troisièmement, nous contrastons les remarques laconiques et concrètes de Jamie (il n’y a pas de meilleur moyen de faire quelque chose de choquant que de rester bref et direct) avec l’effet du contexte sur William.

 « Ils sont partis », dit Fraser en pliant le vêtement.

« Les gens qui vivaient ici ?

 « Non, ils sont toujours là. Dans la forêt. Les hommes qui les ont tués sont partis. Ou du moins je l’espère », ajouta-t-il. »

 “Je… Oui,” dit William. Ses lèvres devinrent soudainement froides et son estomac fit une boule énorme.

(NB : « Dans la forêt » pour faire court, direct et choquant.)

Vous remarquerez que William ne dit pas grand-chose, mais le peu qu’il dit n’est pas du tout la même chose que ce que dit Jamie. Il est très choqué et bouleversé, mais il fait de son mieux pour garder la situation sous contrôle. Comment le savons-nous ? Il dit très peu de choses, mais nous montrons ses réactions physiques tout au long de l’extrait : « Ses lèvres devinrent soudainement froides et son estomac fit une boule énorme. »

Ce qui nous amène au…

Langage corporel. À moins de décrire vraiment une émotion, ce que vous pouvez réellement faire de temps en temps, même si c’est généralement sous forme de métaphore (« Il était tellement excité qu’il pensait que le haut de sa tête pourrait se détacher »,

« Les mots l’étouffaient, il y en avait trop qui essayaient de sortir en même temps, coincés dans sa gorge en une petite masse dure, comme une balle de golf. »)

Ce genre de choses.

Vous pouvez voir William expérimenter (et lutter pour contrôler), dans le contexte, les réponses de son système nerveux autonome :

« Ils auront pris la femme », dit Fraser, la voix sombre. “Et les filles, s’il y en avait.” Un flot de salive remonta le long de la gorge de William. Il cracha à plusieurs reprises, de peur de vomir. “C’est…” Il s’arrêta, déglutissant difficilement. « Pouvons-nous… les suivre ?  Peut-être la- les ramener ? « 

Et ” William hocha la tête et monta sur son cheval, même si, à sa grande surprise, ses mains tremblaient et il eut un instant du mal à tenir les rênes. »

D’accord. Alors nous avons besoin de :

  • Contexte authentique
  •  Brièveté
  •  Langage corporel (n’en faites pas trop)
  • Et notre vieil ami, le Dialogue, qui non seulement fait ici une grande partie du travail de description et de construction du contexte, mais montre/construit aussi la relation entre les deux hommes.

L’avant-dernier paragraphe montre toutes ces techniques : la réponse physique et l’imagerie résumée (poétique) :

« La ruine de la petite maison se dressant dans le calme et terrifiant verger sous le soleil paisible. ».

(C’est une de ces lignes que vous relisez plusieurs fois, en vous assurant que

  1. Vous avez besoin de chaque mot,
  2. Que chacun de ces mots est le bon mot.

(Je l’ai fait et ils le sont.)

Ce qui est intéressant, c’est que cette dernière phrase n’est pas dans la vraie voix de William. Autrement dit, ce n’est pas quelque chose auquel il pense explicitement, mais c’est certainement ce qu’il ressent, et avec un peu de chance, ce que le lecteur ressent aussi.

*****************************

Si vous aimez en savoir un peu plus sur les procédés d’écriture de Diana, voici un autre extrait traduit par Brigitte : Technique de l’écriture du dialogue (CLIQUEZ).

 

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Extrait n°25 : “Monsieur, j’ai besoin de votre aide.”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 10 décembre 2023

Proposition de traduction par Aurélie

Seules quelques personnes avaient remarqué l’arrivée de William. Les festivités suivant la cérémonie du mariage allaient bon train et la plupart des invités étaient rassemblés près des tables, les conversations et les rires s’amplifiant et faiblissant au gré du vent dans les arbres.

L’une de personnes qui _avait effectivement_ remarqué était Fanny, debout à mes côtés.

_A Dhia_“, dit-elle faiblement. Oh ! mon Dieu !

Je n’aurais pas mieux dit .

Jamie se leva lentement de sa chaise – sans utiliser sa canne, remarquai-je – et se redressa, les yeux fixés sur William. William, quant à lui, était toujours sur son cheval, l’un et l’autre couverts de boue, secoués par le vent et respirant difficilement. Je vis sa gorge bouger alors qu’il déglutissait, se préparant manifestement à répéter ce qu’il avait dit un instant auparavant.

Monsieur, j’ai besoin de votre aide.

Mais Jamie était déjà en mouvement, descendant les marches. Je pouvais entendre son genou gauche craquer à chaque pas, mais il ne vacillait pas ni ne boitait. Il arriva à la hauteur de William et lui posa la main sur le bras.

Tu l’as“, dit-il simplement. “Entre“.

*****************************

Note personnelle (Aurélie) : cela ressemble beaucoup aux toutes dernières lignes du tome 9 pour celles et ceux qui l’ont lu. Il se pourrait donc que cet extrait soit placé au tout début du tome 10… A moins que Diana ne commence à nous parler d’une autre intrigue… (John par exemple ???). 

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Extrait n°26 du tome 10 : Jamie et William “Une affaire personnelle”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 22 décembre 2023

Proposition de traduction par Aurélie – relecture Brigitte Blanc

Note de la traductrice : l’extrait ci-dessous est accompagné de “notes d’écriture” de Diana Gabaldon. Elle les a offertes sur sa page Facebook en guise de cadeau de solstice d’hiver. Je les ai également traduites. Vous pouvez lire ces notes d’écriture en cliquant ici

********************************************

Exemple d’éléments internes (de William) – NB : Je ne marque aucune des observations de William sur Jamie, parce que même si, en tant que pensées, elles sont certainement internes <g>, elles ne sont essentiellement qu’un moyen de rendre compte de la conversation qu’ils ont, même si une partie de celle-ci n’est pas exprimée.

(Mon exemple original utilisait des caractères gras et italiques pour illustrer les éléments internes et les éléments internes qui étaient du langage corporel, mais comme Facebook est trop primaire ? pour utiliser des variantes de caractères, j’ai simplement illustré l’accentuation avec des traits de soulignement). // Note de la traductrice : j’ai mis ces éléments en bleu dans le texte ci-dessous et supprimé les traits de soulignement. 

********************************************

 Fraser poussait leur allure ; c’était à peine perceptible, mais William en ressentait le caractère d’urgence.  Lorsqu’ils s’arrêtèrent pour manger et abreuver les chevaux, il vit Fraser entraver son cheval et s’enfoncer dans les bois.  Probablement pour pisser mais à moins que l’homme ne souffrît d’une quelconque indignité liée à l’âge, il prenait beaucoup plus de temps qu’il n’en fallait pour vider une vessie pleine et pour autant qu’il ait pu en juger, Fraser ne souffrait pas d’un tel trouble.

Que faites-vous ? ” demanda-t-il sans ambages lorsque Fraser revint.  “Ou plutôt, que faisiez-vous à l’instant ?

J’étudie la piste“, répondit Fraser sans hésiter.  Il s’assit en soupirant et ouvrit le sac de provisions, d’où il sortit un morceau de fromage enveloppé dans une feuille, bien entamé par les repas des trois derniers jours.   Fraser le coupa scrupuleusement en deux et tendit à William l’un des morceaux émiettés.

Pour quoi faire ? ” demanda William avec curiosité.   La route s’était rétrécie et dégradée, mais elle était encore très praticable, avec des ornières qui couraient le long d’une épaisse bande centrale d’herbe et de fleurs sauvages naissantes.  “Vous avez l’intention de chasser quelque chose à cuire au marmite ?”  Le fromage avait une odeur piquante et grasse qui lui faisait gronder le ventre, et il savait qu’il n’y avait pas grand-chose d’autre dans le sac.

Pas pour le marmite, non.

Fraser avala son dernier morceau de fromage, se lécha les doigts et fouilla avec son long nez dans le sac, en reniflant.  Il émit un petit son satisfait et sortit l’extrémité d’une sorte de saucisse sèche dont il coupa un gros morceau qu’il passa à William.

Semblant remarquer le sourcil levé de William, il s’arrêta, sa propre part à la main.

Nous n’avons toujours pas rattrapé les bandits qui ont brûlé cette cabane », dit-il.

Je veux les rattraper, pour voir s’ils ont la femme avec eux.  Si ce n’est pas le cas, ils iront à leur propre perte.  C’est ce qui finit toujours par arriver à des hommes comme eux.”

Et s’ils l’ont ?  La femme, je veux dire.

Fraser haussa brièvement les épaules, puis déglutit.

Alors le destin les trouvera un peu plus tôt, j’imagine.

La saucisse était étonnamment épicée, avec un goût non seulement de poivre noir mais aussi de quelque chose de plus exotique, qui lui rappelait l’Italie.  Elle était dure et moelleuse, et il fallut quelques instants à William pour la consommer.  D’autant plus que son ventre se resserrait lentement.

“Vous en faites une affaire personnelle “, dit-il.  “Cette femme.”

 

Extrait n°27 : Jamie et William “Un ragoût de Brunswick”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 5 janvier 2024

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Ils atteignirent Savannah en milieu de matinée, après avoir traversé des rizières verdoyantes et des parcelles de terres agricoles en pleine croissance, où des hommes et des femmes travaillaient parfois aidés d’une mule.

Les chevaux étaient impatients, sentant la proximité de la nourriture, et Jamie ressentait à peu près la même chose. Il y avait bien sûr du travail urgent à faire, mais ils avaient fini leurs provisions deux jours plus tôt.

Qu’est-ce que vous voudriez manger en premier ?” » demanda William. Le garçon se tenait presque debout sur ses étriers par anticipation. “Des crevettes et du gruau ? Du sébaste frit dans de la farine de maïs ? »

Des cuisses de grenouille“, dit Jamie en souriant. « Et des huîtres frites. Mais je ne serais pas contre un bon ragoût épais de Brunswick pour accompagner le tout. Et de la bière. Beaucoup de bière.

La conversation s’engagea de manière décousue sur les mérites de l’alligator comme ingrédient du ragoût, mais le grondement d’un canon à proximité interrompit la conversation, et fit se cabrer et s’agiter les chevaux.

« [steh – gaélique] ! »  dit Jamie en faisant tourner la tête de son cheval jusqu’à ce qu’elle soit presque sur ses genoux. « Du calme, espèce d’idiot. Tu as sûrement déjà entendu des armes à feu ? »

« Peut-être pas des canons », observa William, après avoir sans trop de difficultés amené Trajan – qui avait déjà entendu des canons auparavant – à un sens approprié de son devoir.

Mais c’est le canon de midi,” dit-il en se penchant en avant pour parler dans les oreilles dressées du cheval. « Cela ne se reproduira plus. Pas jusqu’à ce soir du moins », ajouta-t-il en se redressant sur la selle.

Le commandant Archibald a décidé d’utiliser un seul canon au coucher du soleil, plutôt que de faire défiler des tambours dans les rues pour sonner la retraite du soir ; peut-être le font-ils encore.”

William parlait avec désinvolture, mais Jamie vit les épaules du garçon se tendre sous son manteau.

« Sais-tu si Archibald est encore ici ? » demanda-t-il en gardant sa voix aussi neutre que possible.

La journée était chaude, mais un frisson soudain lui hérissa les poils du cou, avec le souvenir d’une jolie jeune fille morte de sa propre main au milieu de la nuit, dans une pièce sombre, empestant le sang et la bière renversée – à cause du commandant Archibald.

William lui lança un rapide coup d’œil.

« Non », dit-il. “Mais j’espère qu’il l’est.

Le jeune homme avait fortement rougi et ses mains étaient crispées sur les rênes. Jamie se pencha et saisit la bride de Trajan, les obligeant tous les deux à s’arrêter momentanément.

« Je sais ce que tu veux dire, » dit-il d’un ton neutre, « et je vais t’aider à le faire. Mais nous ne pouvons pas risquer de nous faire remarquer avant d’avoir fait ce que nous sommes venus faire. Nous sommes arrivés trop tard pour la sœur de Frances, nous n’arriverons pas trop tard pour Lord John. »

William lui rendit un regard impassible, mais il vit le pouls du jeune homme qui battait sur le côté de sa gorge.

Non, nous n’arriverons pas trop tard“, dit William, et tirant sur ses rênes, il fit s’élancer Trajan.



 

Extrait n°28 : Jamie et Claire “Targe”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 11 janvier 2024

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Image : Targe écossaise | Metropolitan Museum of Art https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/]

« Alors » dis-je en me redressant. « Tu te proposes de partir pour une période de temps inconnue, dans des endroits inconnus, pour faire des choses inconnues qui sont probablement sacrément dangereuses, avec pour seul bagage tes souvenirs de mes mains et de mes fesses ? »

« Ils seront ma protection et mon bouclier », m’assura-t-il, le visage impassible.

« Qu’est-ce qu’un bouclier ? Je me suis toujours demandé. »

« C’est quelque chose qui ressemble à une targe », dit-il en attrapant sa chemise. « Un petit bouclier rond. De la taille de ton cul », ajouta-t-il en guise d’explication.

« J’ai déjà vu des targes, tu sais », dis-je un peu froidement.

« Tu t’es déjà assise sur l’une d’elles ? »

« Non. Et toi ? »

« Oui, très souvent. C’est bien pratique quand on est mort de fatigue et dehors sous la pluie, ou qu’on doit manger son diner dans la neige. Attention » ajouta-t-il en se penchant pour ramasser son kilt sur le sol, « on ne peut pas faire ça avec une de ces targes fantaisistes qui ont une pointe au centre. Mais je ne pouvais pas me permettre de m’en payer une de ce style, pas à l’époque. »

« Pas à l’époque. » Je pensais bien que la dernière fois qu’il avait tenu une targe, c’était à Culloden. Je ressentis le pincement attendu à cette pensée, mais pour une fois, le souvenir était tempéré par un autre. Il était revenu de cette bataille. Et de bien d’autres. Et au moins, cette recherche l’éloignerait des champs de bataille. Je l’espérais.

Je glissai de la table alors qu’il se retournait, et passai mes bras autour de lui, réconfortée par sa chaleur solide et le goût du sel sur sa peau.

« Je me souviendrai aussi de tes mains », dis-je. « Si je me souviens de ce que Roger a dit à l’église le mois dernier, ce psaume dit : “sa vérité sera ton bouclier et ta cuirasse.” Si un bouclier est une cuirasse, pourquoi alors en as-tu besoin d’un autre ? »

« Pour me protéger des frondes et des flèches de la fortune, Sassenach », dit-il en m’embrassant le front. « Une targe, c’est pour les épées et les couteaux. Le combat rapproché, tu vois ? »



Extrait n°29 : Claire, Germain et Jem “Aider à retrouver Lord John”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 7 mars 2024

Proposition de traduction par Aurélie – relecture Brigitte Blanc (merci !)

Source : Outlander Starz S7

Comment faire ses bagages pour une opération de sauvetage quand on n’a pas la moindre idée de l’endroit où on va, combien de temps cela pourrait durer, ou dans quelles circonstances ?

Les vêtements… eh bien, la possibilité de devoir fréquenter le genre de personnes qui seraient mécontentes de ma garde-robe habituelle était faible, mais ne pouvait pas être totalement écartée non plus. Nous pourrions vraiment avoir besoin de l’aide de quelqu’un ayant de l’influence.

J’avais deux robes que l’on pouvait qualifier de décentes, dont l’une avait besoin d’être raccommodée… mais la simple idée de croiser le chemin de quelqu’un d’influent … m’avait inéluctablement conduite à penser à Hal.

Où était donc ce satané bonhomme ? William pensait que son oncle se dirigeait vers New York, avec l’intention de retrouver son fils aîné errant, mort ou vivant et … puis….qu’allait-il faire ?

J’avais suffisamment côtoyé Sa Grâce, le duc de Pardloe, pour savoir que s’il était presque aussi têtu que Jamie, ses sentiments pour sa famille étaient également presque aussi impérieux.

Ayant le choix entre être fusillé pour désertion ou laisser son fils aîné dans une situation périlleuse, Hal avait très probablement écrit une lettre à Sir Henry Clinton exprimant son intention immédiate de quitter l’armée pour une affaire personnelle, suivie d’une note brève adressée “À qui de droit”, affirmant qu’il serait disposé à comparaitre en cour martiale à son retour, selon les convenances de l’armée.

Qu’allait faire ce satané bonhomme s’il était victime d’une autre grave crise d’asthme sur la route ? Bon, je lui avais appris à respirer pendant une crise, il pourrait peut-être survivre…

Je soupirai, fis une brève prière pour Harold, duc de Pardloe, tête de cochon et père, et attrapai le petit paquet de bâtonnets d’Ephedra_ qui se trouvait sur la deuxième étagère.

Je perçus le frémissement de la vieille courtepointe qui pendait dans l’encadrement de ma porte. Zut. Et juste au moment où Jamie commençait à se remettre assez pour me fabriquer une vraie porte.

« Eh bien, de toute façon, je serai partie… »

Je me retournai et vis Germain et Jemmy, côte à côte, traînant les pieds et ayant l’air profondément coupables.

Qu’est-ce que vous avez fait ?” demandai-je, en les regardant sévèrement.

Rien, Grannie !” dit Jem, en essayant de prendre un air d’innocence blessée.

C’est vrai, grand-mère,” me garantit Germain. “Nous sommes purs comme – euh… comme…

Des bébés à naître ?” suggérai-je, en rangeant un flacon de laudanum dans ma trousse. “Ou comme la neige fraîche, peut-être ?

Je ne sais pas ce qu’il en est des bébés avant leur naissance“, dit Germain d’un air dubitatif. “Maman jure beaucoup quand ils lui donnent un coup de pied dans le ventre“.

Je ne lui en veux pas le moins du monde.

Mrs. Cunningham a dit à Germain qu’il était né coupable,” dit Jem.

Coupable de quoi ?” demandai-je.

Elle ne l’a pas dit.

Je soupirai et me redressai, les regardant de haut.

Eh bien, si vous n’avez rien fait… qu’avez-vous prévu de faire ?

Cette question sembla les soulager quelque peu.

Nous partons avec vous, Grand-Pa et Oncle William,” déclara Jem avec assurance. “Pour aider à retrouver Lord John.

Nous pensions vous le dire d’abord,” ajouta Germain, me regardant malicieusement par-dessous ses longs cils noirs.

Je remarquai qu’il ne levait plus autant les yeux. Maintenant que je les regardais tout près de moi, je vis qu’ils dépassaient tous les deux largement mon épaule.

En fait, ils étaient à deux doigts de pouvoir me regarder droit dans les yeux.

Oh ?” dis-je. “Et vous attendez de moi que je persuade votre Grand-Pa – et sans doute vos parents – que ce serait une bonne idée ?

Tous deux hochèrent vigoureusement la tête.

Grand-mère Jenny a dit au Sachem que Grand-père se ferait un nœud si vous le lui demandiez.”

En effet,” dis-je, amusée. “Qu’a répondu le Sachem à cela ?

Il a dit qu’il ne savait pas trop pourquoi une femme voudrait qu’un homme se fasse un nœud, car cela l’empêcherait de lui être utile au lit, mais si Grand-mère le désirait, il essaierait.”

Je décidai de laisser cette question de côté et de revenir à l’essentiel.

Je ne pense pas…” commençai-je, mais ils m’interrompirent tous les deux.

Mais nous pouvons aller là où vous ne pouvez pas aller !

Nous pouvons voler de la nourriture !

J’ai un couteau !

Moi aussi !

Nous…

Un son écossais grave venant du couloir les stoppa net comme s’ils avaient été transformés en statue de pierre.

Pourquoi ennuyez-vous votre Grand-mère, petits garnements ?

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Extrait n°30 : Hal fait ses bagages

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG le 7 mars 2024

Proposition de traduction par Aurélie – relecture Brigitte Blanc (merci !)

Source : Country Life

Hal abandonna l’idée de plier soigneusement sa veste d’uniforme—cela semblait assez simple quand son valet le faisait, mais comme pour beaucoup de choses, la pratique avait manifestement son importance—et il la roula en une sorte de grosse saucisse, qu’il plia en deux et fourra dans sa sacoche, ainsi que ses culottes de velours côtelé, son gilet propre et ses épaulettes dorées entassées par-dessus. Rien d’autre ?

Une chemise, bon sang,” dit-il à voix haute, en saisissant le devant de celle qu’il portait. Jurant entre ses dents, il fouilla l’armoire à la recherche d’une chemise à jabot propre. Sa recherche lui permit non seulement de trouver une chemise – déjà pliée de surcroît -mais il put également se concentrer suffisamment pour penser à prendre des bas, des bottes de ville et… quoi d’autre ? Quelque chose manquait…

Oh, le gorgerin, oui. Je ne peux pas oublier ça.” ‘Ça’ se trouvait sur sa table de toilette, comme d’habitude. Il le prit, le soupesa dans sa main comme il le faisait habituellement avant de le mettre, pour le plaisir de le toucher. C’était de l’argent massif, lisse et doré, élégamment conçu, avec les insignes de son régiment en relief. Il s’apprêtait à le laisser choir dans la sacoche, quand, de façon impulsive, il décida plutôt de le porter, le dissimulant sous la chemise grossière qu’il avait enfilée pour le voyage. Il prit une profonde inspiration, et ce faisant, trouva la dernière parcelle de courage dont il avait besoin.

Il referma le rabat de la sacoche, la plaça à côté de l’autre près de la porte, et s’assit à son bureau pour écrire à sa femme.

« J’avais espéré te faire la surprise d’un retour anticipé en Angleterre, mais les choses ont pris une autre tournure. Ben est vivant—mais j’oublie, tu ne sais probablement pas qu’il était censé être mort. Il ne l’est pas. Il a retourné sa veste, cependant, et je dois y aller et… »

Il s’interrompit et regarda le papier, faisant tourner la plume entre ses doigts.

Et quoi ?” dit-il à voix haute.

Faire des reproches à Ben ? L’enlever de force ? Le tuer ?

Dieu seul le sait,” marmonna-t-il, et il écrivit, “…arranger les choses. Je t’aime.”

Son estomac gronda ; il n’avait encore rien mangé aujourd’hui, il n’avait pas eu faim. Il jeta un coup d’œil à la mallette qui reposait sur le bureau, et les douleurs de la faim disparurent.

Il avait conscience que tout était en ordre, mais ouvrit néanmoins la mallette, incapable de réfréner l’envie de vérifier une fois de plus.

La paire de pistolets de duel étincelait sombrement dans leur écrin en peau d’agneau, se faisant face comme les hommes qui allaient les tenir.

 



 

Extrait n°31 : Jamie et William “La prière à Saint Michel”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le compte Facebook de DG à l’occasion des fêtes de Pâques le 1er avril 2024

Proposition de traduction par Brigitte Blanc (communauté Patreon) – relecture Aurélie

Ils s’arrêtèrent pour la nuit près d’un petit ruisseau, après avoir passé l’après-midi en silence. Ils installèrent le campement et mangèrent, échangeant au mieux de brefs grognements faisant office de question et de réponse, tout en partageant le reste du fromage, des œufs durs et en trempant le reste du gâteau de voyage, dur comme de la pierre, dans le reste du cidre.

Finalement, William s’éclaircit la gorge et Fraser le regarda en levant un sourcil broussailleux.

« Nous les suivons, n’est-ce pas ?

« Il n’y a qu’une seule route“, souligna Fraser. « Je préférerais qu’ils ne nous suivent pas. Et ils ont au moins une journée d’avance, Dieu merci.

« C’est vrai. Mais quand même.

Quand même ?

« Cette prière », lâcha William.

« À Saint Michel. ‘Défendez-nous au combat.’ Ce n’était pas pour les – le mort et ses fils ; vous avez dit une prière en gaélique lorsque nous les avons enterrés. »

Oui. Cela s’appelle « Soul Leading « (conduire l’âme des morts) – tu la dis pour une personne qui a été tuée inopinément et qui n’a peut-être pas eu le temps de préparer son âme et son esprit pour le voyage vers l’au-delà. »

Oh.”

William trouva cela étrangement… pas rassurant. Il n’y avait rien de rassurant dans les événements de la journée – mais peut-être… consolant ? L’idée qu’on puisse réellement faire quelque chose pour une personne décédée, autre que simplement se débarrasser de sa dépouille, était nouvelle, mais d’une certaine manière, réconfortante. Cependant…

« Alors, la prière à St. Michel. Était-ce aussi pour la famille ? »

Fraser fit entendre l’un de ses grognements caractéristiques, avec ce que William perçut comme une pointe d’humour.

Non, celle-là était pour nous, a bhalaich.

Il faisait presque nuit et Fraser saisit l’un des bâtons qu’ils avaient ramassés, le brisa en morceaux et les ajouta au feu avec précaution. Les flammes envahirent le bois sec et s’élevèrent haut, projetant le visage de l’homme dans des zones d’ombre et de lumière teintés de rouge.

Je sais que tu es un bon combattant“, dit Fraser avec désinvolture. « Je t’ai vu sur le champ de bataille, tu sais ? Et j’ai vu comment tu te déplaces et comment tu manies l’épée. »

Il remit le dernier morceau de bois à sa place et se redressa, se tournant vers William.

Une bataille n’est pas une guerre, tu le sais ?” dit-il doucement.

Il tourna la tête et releva le menton, indiquant la ruine silencieuse dans l’obscurité au-dessus d’eux.

« Ça, C’est la guerre.

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Extrait n°32 : Lord John “Putain d’enfer”

Extrait original en anglais  [Copyright : Diana Gabaldon]
partagé sur le LitForum le 30 mars 2024

Proposition de traduction par Aurélie – relecture Brigitte Blanc (merci !)

John Grey se redressa brusquement en entendant le grincement de la clé dans la serrure. La porte s’ouvrit et le grand marin polonais entra, portant un plateau.

« Personne ne vous a jamais dit qu’il fallait frapper avant d’entrer dans la chambre de quelqu’un ? » demanda John. « Et si j’avais été occupé à faire quelque chose d’intime ? »

Il n’attendait pas de réponse, ce qui était une bonne chose, car il n’en reçut pas. Après maints efforts, il avait au moins réussi à obtenir le prénom du Polonais, s’efforçant avec détermination à croiser délibérément le regard de l’homme à chaque apparition, touchant sa poitrine et articulant distinctement : « John ».

Cela avait pris plus de deux semaines, mais un jour, le Polonais posa son plateau, se tapota délicatement la poitrine et dit d’une voix rauque : « Mikolaj. » Puis il sortit précipitamment, sans regarder John, mais le laissant avec un bref sentiment d’exaltation.

Cela n’avait cependant pas donné lieu à d’autres confidences, et Mikolaj avait repris son visage de pierre lorsqu’il apportait des plateaux, enlevait les pots de chambre et escortait John lors de promenades occasionnelles sur le pont, le Polonais portant le boulet de fer attaché à la cheville de Grey. Bien qu’il appréciât cette courtoisie – si c’en était une -, cela le rendait quelque peu nerveux, car il réalisait que si Mikolaj, sur ordre de Richardson ou par un mouvement d’humeur, décidait de jeter le lourd boulet par-dessus bord, Grey le suivrait inévitablement au fond de la mer.

Pour l’heure, cependant, leur interaction se limitait à la pose du plateau sur le petit bureau de Grey, et à ses remerciements habituels au marin. Au moment où il s’apprêtait à prononcer ces derniers mots, une idée lui vint. D’un geste rapide, il agrippa la manche du Polonais pour le retenir, puis se désigna lui-même en disant : « John », puis pointa aussitôt le Polonais en disant : « Mikolaj ». Ensuite, il se désigna à nouveau, disant : « Merci », et regarda à nouveau Mikolaj, les sourcils levés en signe d’interrogation.

Le visage du Polonais se figea – enfin, légèrement plus que d’habitude – l’espace d’un instant. Puis ses lèvres se pincèrent en signe de réflexion, et au bout d’un moment, il hocha la tête et dit quelque chose qui ressemblait à « Jenkooyeh ».

« Jenkooyeh », dit John en s’inclinant. Le Polonais lui fit un bref signe de tête, se retourna et partit.

Eh bien, il supposa qu’il pourrait apprendre à parler polonais, un mot à la fois. Ce n’était pas comme s’il avait mieux à faire…

Il jeta un coup d’œil à la petite pile de pages manuscrites, disposées en croix pour séparer les documents :

Une lettre à William. En fait, une énième lettre à William. C’était quoi, la cinquième ? La sixième ? Deux feuilles de poésie fragmentaire – ou du moins, pour être plus précis, des vers médiocres [1] (en anglais doggerel), et il se demanda pourquoi on devrait les qualifier ainsi. Il appréciait les chiens, mais n’avait jamais décelé en eux le moindre soupçon de fantaisie, encore moins le moindre talent pour la rime… Un brouillon – encore un – de son testament.

Sa capacité à répartir ses biens était quelque peu entravée par son manque de connaissance exacte de leur composition. Il possédait une petite propriété à Philadelphie ; il avait acheté la maison sur Chestnut Street en pleine propriété – mais compte tenu des aléas de la guerre et du gouvernement, il ne savait pas du tout s’il la possédait toujours, ou si elle avait été réquisitionnée par la Couronne pour loger des soldats, ou encore confisquée par le Congrès continental en tant que propriété d’un ennemi étranger. Sa maison à Savannah était probablement toujours entre les mains des Britanniques, mais elle n’était que louée.

Il pensait avoir des parts dans une mine d’étain en Cornouailles, mais il n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait, ni de la nature de ses parts.

_Pourquoi est-ce que je ne suis même pas au courant de mes propres affaires_ ? Pensa-t-il avec irritation.

_Tu ne le sais pas, parce que ça ne t’intéresse pas_.

« Il n’est pas question de maisons », dit-il à voix haute. « Ni même de ces satanées mines d’étain. » Il repoussa le papier et s’enfonça dans son fauteuil. À sa demande, Mikolaj avait fait ouvrir le hublot pour laisser entrer de l’air et de la lumière, et une brise marine agitait ses cheveux et faisait voltiger les papiers sur sa table.

_À quoi tiens-tu vraiment_ ?

« William », dit-il en touchant la petite pile de papiers. « Mère. Hal. Minnie et les garçons. » La pensée des fils de Hal fit émerger celle de Benjamin, et son ventre se noua. Cependant, il n’y avait absolument rien qu’il puisse faire à ce sujet, et il s’efforça de détourner ses pensées vers autre chose.

_Ce foutu Écossais_, pensa-t-il, et sourit, malgré lui. _Et Claire_, ajouta-t-il, pour être juste. « Oh, et Brianna, bien sûr. » La pensée de cette redoutable jeune femme le fit sourire à nouveau, et il prit sa plume ainsi qu’une nouvelle feuille de papier.

_« Ma chère_ », écrivit-il, « _vous ne devinerez jamais où je me trouve – je vous le dirais bien, mais je n’en ai pas la moindre idée, l’océan Atlantique étant un endroit assez vaste. Ayant du temps à revendre, je pense que je vais me divertir – et, peut-être, vous divertir – avec le récit de mes récents tourments…_ »

Cependant, sa tentative de narration fut vaine. Être assommé et enrôlé avait le mérite de l’action, mais être kidnappé, utilisé uniquement pour son but dramatique, était plutôt… eh bien, non point ennuyeux, mais loin d’être divertissant.

Ayant conscience que Richardson pouvait lire ses lettres à tout moment, il aurait donc été peu avisé de révéler à Brianna Fraser MacKenzie, par écrit, les motifs professés par Richardson, encore moins d’évoquer son opinion personnelle sur l’homme.

_Complètement fou, et ne se lave pas assez souvent_. Cela le fit sourire, bien que la description – s’il l’avait écrite – eût continué avec _Cependant, foutrement dangereux_.

En soupirant, il mit cette lettre de côté pour le moment et revint à celle destinée à William.

_« Mon fils bien-aimé… »_ _Au diable Jamie Fraser, tu es mon fils autant – sinon plus que–le sien_… _« Avec un peu de chance, tu ne recevras jamais ceci… »_ _Idiot. S’il ne la reçoit jamais, pourquoi devrais-je m’excuser de l’avoir envoyée ? Mais ce n’est pas le point essentiel – s’il la reçoit, cela devrait montrer une forme d’excuse, non ?

_Oh, putain de bordel de merde…_

*************************************************

[1] Le terme “doggerel” désigne généralement de la poésie de qualité médiocre ou ordinaire, caractérisée par une structure rythmique simple et des rimes peu élaborées. Ce type de poésie est souvent considéré comme maladroit, sans talent ou peu sophistiqué sur le plan artistique. L’origine du mot “doggerel” n’est pas entièrement claire, mais il est possible qu’il dérive du mot anglais “dog”, qui signifie chien. Certains suggèrent que cela pourrait être en référence à des chansons ou des poèmes populaires chantés par des gens ordinaires, y compris peut-être par des personnes qui gardent des chiens, d’où l’association avec le terme “dog”. NdlT : dans une traduction professionnelle, il est fort possible que cette allusion aux chiens disparaisse totalement puisqu’il n’y a pas d’équivalent en français qui permette de faire le lien entre de mauvais vers et les chiens !

Pour transcrire ce petit paragraphe, on pourrait faire ainsi (suggestion de Brigitte) :

Une lettre à William. En fait, une énième lettre à William. C’était quoi, la cinquième ? La sixième ? Deux feuilles de poésie fragmentaire Bon, du moins des vers de mirliton. Et il appréciait les poèmes à l’humour douteux mais il n’avait jamais pu exprimer le moindre soupçon de fantaisie, encore moins le moindre talent pour la rime…

Un brouillon – encore un – de son testament.

…..A suivre !!!! 

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Où commander le tome 9 d’Outlander en français ?

Outlander Tome 9 Partie 1Diana Gabaldon

 

34 comments

    1. Je vous suis infiniment reconnaissante pour ce résumé du net 9 car
      Ne parlant pas anglais et trop impatiente de connaître la suite….au plaisir de vous lire à nouveau

  1. Merci à vous de nous donner cet extrait du début du T.10, en effet je n’ai pas réussi à le trouver sur le site internet de Diana Gabaldon.
    Cette fois-ci, elle maintient le suspence à la fin du T.9! Dans la fin T.8, on peut dire que pour les personnages principaux, un chapitre de leurs aventures se termine et qu’ils commencent (ou reprennent) une nouvelle vie à Fraser’s ridge.
    Mais ici, de nombreuses intrigues importantes sont en cours de développement quand le livre se termine. Diana nous tient vraiment en haleine! Je souhaite autant que possible que l’écriture et la publication du prochain et ultime tome ne se fasse pas attendre plus de 3 à 5 ans, comme annoncé ci-dessus… croisons les doigts et encourageons notre chère auteure.
    En attendant, ces petits extraits qu’elle publie sont d’une grande aide pour nous permettre à patienter.
    De nouveau merci de nous les offrir sur Outlander-addict, un cadeau bien précieux vraiment!

  2. Que j’adore m’exposer à des risques et périls !!
    T’en est bien complice Aurèlie, donc je suis plus que rassurée!!😘
    D’autant plus que si je ne m’amuse pas maintenant, pas sûre de pouvoir le faire à la sortie du livre…à mon âge les années comptent double…c’est deux en un!!!😉
    Je remarque que ton temps est d’une élasticité surprenante..je ne peux qu’apprécier ta vitalité débordante et je te remercie pour ce nouveau challenge de traduction. 🙏

  3. bonjour Aurélie, comme je parle pas anglais , il me reste encore quelques années avant de pouvoir lire les bouquins de diana gabaldon .en attendant encore merci pour les traductions.

    1. Je ne suis solidaire à ton commentaire.
      Merci à Aurélie pour ses traductions qui stimulent mon intérêt à poursuivre l’aventure Outlander en français.

  4. Remerciements sincères pour toutes les traductions celle ci en fait partie…
    un bout de traduction de cette suite tant attendue Me surexcite , hâte de voir qui sera Williams et les rapports entre les trois hommes, une belle ouverture dès le premier écrit …
    Impatiente d’y être et en même temps confuse puisqu’il faudra bien une fin . Mais bon profitons !mille merci

  5. Merci Aurélie, j’aime lire ces petits bouts de livres qui me connectent avec les personnages que j’aime! J’ai acheter le livre en anglais ( que je ne parle ni lit ) pour le plaisir de l’avoir avec les autres ! Je suis contente d’avoir connu l’écriture de Diana Gabaldon , elle a vraiment un don pour nous faire frémir, rire et pleurer. Et un grand merci pour tes traductions ( en autre ) . le site est une mine d’information.

  6. Merci Aurélie spoliers ou pas je me régale, quand on aime Outlander livres et Série tout est bon à prendre surtout quand nous sommes, ne serait-ce qu au début du drougtlander…
    Tous les renseignements sont Extras donc Merci Merci 😏🥰🙏

  7. Merci pour ce résumé très complet de tous les chapitres du tome 9. Je viens de terminer la lecture de ce gros pavé de 888 pages en anglais, commencé en janvier ! L’histoire est tellement dense, les arcs narratifs de tous les personnages, même secondaires, sont si nombreux, qu’arrivée à la fin, j’avais un peu perdu le fil et je ne me souvenais pas de tous les détails. Votre résumé en français m’a permis de rafraîchir ma mémoire et m’a confirmé que j’avais bien compris l’essentiel de ce tome 9. Je dois avouer cependant que sa lecture n’a pas provoqué le même enthousiasme que les précédents opus de la saga. J’ai trouvé l’écriture moins fluide, le rythme plus lent, les personnages sont si nombreux qu’ils deviennent difficiles à suivre. On ne comprend pas tout de suite leur rapports. L’univers outlander est composé d’une multitude de personnages dont les parcours se croisent. Pas étonnant que DG ait mis si longtemps à écrire ce 9e livre. Espérons que le 10e et dernier tome voie le jour plus rapidement et nous apporte enfin toutes les réponses et le dénouement de cette incroyable aventure.

  8. Époustouflant. Un grand merci pour l’auteur. C’est avec plaisir que l’on decou re tous ces romans qui nous transporte dans un monde féerique et où le temps s’arrête et nous permet de s’isoler pour notre plus grand plaisir.

  9. Merci beaucoup pour ces extraits. Je viens de finir le tome 9 et je suis tristounette, comme quand on voit partir quelqu’un qu’on aime bien sans savoir quand on va le revoir. Les extraits permettront de prendre patience jusqu’au tome 10

  10. Pouvoir lire en français des extraits du tome 10 est plus qu’intéressant et je vous en suis reconnaissante. Je surveillerai la sortie des nouveaux extraits que vous publierez afin de mieux les comprendre. J’avais lu en anglais ces extraits, mais je ne suis pas toujours certaine de la signification de quelques tournures. L’anglais est parfois beaucoup plus subtil qu’on pourrait le croire, et parfois ça prend une profonde connaissance de la langue pour tout comprendre. Grand merci pour votre contribution!

  11. Oh oh! L’extrait “Roger et Jamie” nous promet de fameux rebondissements: Black Jack apparaissant en rêve, l’inquiétude de Jamie, le périple qu’il va accomplir avec William… nous n’en sommes qu’au tout début du roman… mais que nous concocte Diana Gabaldon pour ce tome 10?

  12. J’ai hâte de connaître la fin de l’histoire et je suis ravie de ces petits extraits.
    J’espère qu’ils auront tous une très belle fin en famille.
    Merci à vous pour les traductions.
    À bientôt

  13. Attendre encore 4 à 5 ans pour lire le tome 10, c’est long, tellement long surtout quand on a 73 ans. Alors je lis et relis les 9 premiers pour rester avec les personnages. Je regarde et regarde encore la série qui m’a permis de mettre des visages sur ces personnages. Certains sont tels que je les avais imaginés. Un grand merci à Diana Gabaldon et à toutes les personnes qui l’entourent – famille, ami(e)s – et qui l’aident dans son travail de recherche afin que l’Histoire avec un grand H soit présente et que nous ne lisions pas qu’un énième roman d’amour et d’intrigues. Merci, un grand MERCI d’une Écossaise d’adoption.
    Lady of Glencoe and Lochaber
    aka Lady Pantxika Gaynecoetche

    1. Je suis comme vous, tellement cette histoire au long cours me fascine et me passionne ; j’en apprécie le respect de l’Histoire, les caractères des personnages, les intrigues, la biologie et la médecine, etc – un grand merci à Diana Gabaldon et à son traducteur (ne maîtrisant pas suffisamment l’anglais…). C’est mon œuvre préférée parmi les centaines de livres que j’ai pu lire.
      Je relis les neuf tomes depuis l’été 2020, j’en suis à la sixième lecture, tome 5 -La croix de feu. Par ailleurs, je regarde la série pour la sixième fois également (en anglais sous-titré).
      Cette œuvre est extraordinaire, les acteurs excellents, les reconstitutions formidables – grand merci à tous, acteurs, réalisateurs, techniciens de tous ordres,….
      Merci pour ces extraits du tome 10 partagés en français : on remarque encore de nombreuses intrigues !

  14. Très joli petit extrait, c’est bien de voir grandir Frances et d’assister à ses brefs échanges avec William. Sa sœur Jane (dont je regrette la fin tragique) et Frances sont deux très belles personnes, franches et sincères, contrairement à certaine jeune femme pleine d’ambiguïté que nous avons vue dans un précédent extrait… nous verrons la suite si nous savons faire preuve de patience!

  15. Merci beaucoup Aurelie pour tout la traduction de tout ces extrait j’adore même si je n’ai jamais lu les livres

  16. Outlander…
    J’ai lu tous les livres jusqu’aux tomes 9 et vu toute la série jusqu’à la saison 7 première partie… Je suis entièrement conquise…
    Mais, oui il y a un mais…
    Outlander est fascinant parce qu’il y a le voyage dans le temps et les pierres… Or, là ce qu’on voit c’est Jamie et William partant sauver Lord John et des aventures en chemin déjà vues et revues… Et, les extraits qui nous parviennent sont axés sur ces deux personnages, certes très importants, mais que deviennent les voyageurs ? Claire, Brianna, Roger, Jem et Mandy ?
    Je trouve que l’auteur DG s’égare dans beaucoup d’histoires annexes qui sont longues et répétitives …
    Où sont le mystère et l’impact du passage dans le temps ?
    S’Il est intéressant de voir évoluer les rapports entre Jamie et son fils William, il ne faut pas oublier qu’Outlander c’est avant tout l’histoire de Claire et Jamie…
    Claire a traversé les pierres pour retrouver Jamie… Brianna, Roger et les enfants ont traversé les pierres pour retrouver Claire et Jamie…
    Traverser l’espace et le temps n’est pas ordinaire… C’est même assez dangereux… L’auteur semble faire fi de tout cela…
    Claire a traversé le temps trois fois, elle est l’unique amour de Jamie et Brianna est le fruit de leur amour… Leur fille née au 20e siècle !
    Brianna, fille de Claire et Jamie… Son histoire est surprenante et déroutante. Vous vous rendez compte de l’impact psychologique quand elle apprend la vérité ? En soi son histoire est plus spéciale et plus merveilleuse que celle de William…
    Roger est le descendant de Dougal et Geillis et il est le mari de Brianna, extraordinaire non ?
    Jem et Mandy sont les enfants de Brianna et Roger, une hérédité fabuleuse…
    Il y a là dans ces personnages des pépites d’histoires fantastiques…
    Si DG prolonge les retrouvailles de Jamie et William, Outlander perdra de son intérêt… J’espère sincèrement que nos voyageurs dans le temps seront de nouveau au centre de l’histoire avec nos héros Claire et Jamie…
    Une belle année à tous les fans d’Outlander

    1. Attention “spoilers” (pour parler en bon français) pour les personnes qui n’ont pas lu le tome 9!
      Votre commentaire est intéressant et passionné! Quoique j’ignore totalement ce qui va suivre, je suppose que le voyage dans le temps entrera bien dans le nœud de l’intrigue car vous avez cité les “voyageurs” du clan Fraser-MacKenzie, mais nous en avons rencontré un nouveau, plutôt malveillant et qui n’est pas étranger, loin de là, à la disparition de Lord John…donc…à quoi aboutira la quête de William et Jamie?
      Diana Gabaldon est une fine mouche, elle nous livre beaucoup d’extraits mais qui semblent correspondre aux premiers chapitres. Il se peut que la suite nous réserve “un choc des titans” entre voyageurs, sachant que la chevelure de Claire blanchit de plus en plus et ses pouvoirs avec… alors, ne désespérons pas…

  17. À l’occasion des fêtes de fin d’année, D. Gabaldon nous offre deux jolis passages du périple de Jamie et William à la recherche de Lord John.
    Je suis vraiment curieuse de découvrir comment notre autrice va traiter l’évolution de leur relation. Quand “FRASER” deviendra-t’il “PÈRE” aux yeux de William?
    Quand Jamie (qui n’est pas immortel) pourra-t’il léguer son héritage à son fils? Héritage moral, affectif, familial qui permettra à William de trouver sa voie, son identité propre avec sérénité, le fait d’être un “bâtard” et non un aristocrate anglais Pair du Royaume (comme on le lui a longtemps fait croire), n’ayant plus aucune importance.
    Saura-t’il emprunter à son père son humour, sa clairvoyance, son sens inné de la stratégie, son pragmatisme? Sachant que William nous a déjà montré son caractère passionné et facilement irritable…
    Que j’aimerais voir Jamie et Lord John ensemble auprès de LEUR FILS, cela nous donnerait des passages passionnants, avec peut-être quelques frictions vue la forte personnalité de chacun, mais aussi une dose d’humour de la part des deux PÈRES.
    Vivement 2024…ou 25…ou 26… stop!!! Espérons que nous n’irons pas au-delà!

  18. bonjour ,
    merci pour les traductions et ton travail sur ton site,
    j ai hâte de connaitre la suite du livre et de la série
    je suis en train de faire un patchwork de la série pour ma fille qui est aussi une fan
    merci encore bonne journée

  19. Extraits du mois de Mars 2024: petite interrogation sur Claire, partira? partira pas? Que vient faire Jamie à l’entrée de l’infirmerie? Lui dire de rester au Ridge? Lui demander de se rendre ailleurs et non d’accompagner son expédition avec William? Mystère…
    En tout cas, je suis contente que Germain et Jemmy aient grandi, ils arrivent à l’épaule de Claire qui dans le livre mesure environ 1m67… un peu moins grande que Caitriona Balfe tout de même!

    1. Relisant l’extrait du 28 Avril 2023, “histoire de triangles”, je me demande où le situer dans le futur roman?
      On voit que Frances a grandi (10 cm de plus que Claire tout de même), alors qu’elle a plus ou moins l’âge de Jem et Germain, qui eux n’atteignent que l’épaule de Claire (extrait de Mars 2024)
      Le temps a passé donc? Jamie et William sont rentrés au Ridge, ramenant Amaranthus avec eux? Où est Trevor? Pourquoi n’est-elle pas retournée auprès de son père? Et question principale: pouvons-nous oui ou non lui faire confiance? Grosse question!

  20. Merci Aurélie et Brigitte pour ces nouveaux extrait traduits du tome 10 (n°29 et n°30) que Diana a bien voulu partager! 🙏
    Un morceau de puzzle qui se révèle pansement dans notre attente, pour le moment juxtaposé, comme tous les autres, en attendant les pièces qui le valoriseront dans l’ensemble.
    Une fois de plus son écriture nous définit des moments d’incertitude par les pensées des personnages, avec cette grande capacité de nous projeter avec aisance dans l’histoire.
    Un livre que ne va pas manquer d’aventure et de rebondissements, avec la perception tangible de la maturité de tous les personnages que l’auteure a su habilement garder en constante évolution pour les definir avec réalisme tout au long de son récit. 🥰
    Quant à l’idée de deviner ce que Diana mijote ou a mijoté, il y a longtemps que j’ai abandonné l’idée d’y parvenir!😁

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